Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mille et 1 passions
Mes autres sites
Archives
Visiteurs
Depuis la création 965 909
9 avril 2026

Souvenirs amérindiens - câlins, peaux de bisons, et chiens

(english below)

Comme je l'avais imaginé, le groupe s'est levé assez tard après la soirée festive d'hier (ICI).

La météo annonçait un temps magnifique, quoique frais. Quittant le club (tard dans la nuit, ou tôt le matin, selon le point de vue), ils décidèrent de se retrouver au chalet pour un brunch léger vers onze heures, puis d'aller flâner dans le parc national pour prendre l'air.

Comme vous le voyez, si la neige qui est retombée lundi et mardi a presque totalement refondu sur les terrains exposés au vent, ce n'est pas le cas dans les sous-bois.

Les jeunes français se sont alors rappelés en riant qu'il y a exactement un an de cela, ils faisaient leur première promenade dans le parc et s'y sentaient un peu perdus, alors que 365 jours plus tard, ils reconnaissent les sentiers et se dirigent sans problème où ils veulent aller.

De retour au chalet, ils attendirent Guylaine et Jasmine, qui devaient les y rejoindre après leurs cours, puis ils s'installèrent tous pour prendre un rafraichissement.

 

C'est alors que Wash prit la parole.

"Vous vous souvenez de ce que je vous ai expliqué la semaine dernière (ICI) : que les couples amoureux allaient parfois chercher leur intimité loin du camp. Eh bien, par une belle journée comme aujourd'hui, je pense que mon aïeul, Marche à l'aube, et sa bien-aimée, Beaucoup d'étoiles, auraient profité de la présence d'Eau tranquille, qui est encore sous leur tipi parce que son mari n'est toujours pas rentré de ses chasses d'hiver. Comme elle s'occupe des enfants, ils seraient sans doute allés seuls tous les deux vivre un moment intime dans le bois".

 

Guylaine est interloquée.

"Un moment intime dans les bois ? Par une journée comme celle-ci ? Allons, Wash, il ne faisait que 3 °C cet après-midi !"

Tout le groupe éclata de rire, pensant qu'il plaisantait.

"Il faisait bien trop froid pour avoir des idées pareilles dehors !" gloussa Jasmine.

Tous acquiescèrent, et quelques plaisanteries fusèrent sur l'effet du froid sur les hommes !

 

"Tu sous-estimes le pouvoir protecteur d'une peau de bison contre le froid, même le froid extrême… Enveloppé dedans, tu restes au chaud même par -35 degrés, car c'est un pelage épais et laineux, très dense, qui emprisonne parfaitement la chaleur corporelle. Alors, imagine ce que c'est que d'être entre deux peaux de bison !! répond Wash d'un ton taquin. Non, pas de doute, je suis certain qu'ils en auraient profité" ajoute-t-il.

Il semble à ses camarades qu'il visualise mentalement la scène qu'il leur décrit, où Marche à l'aube et Beaucoup d'étoile reviennent tranquillement à leur tipi en se regardant d'un air complice et satisfait.

Les aventuriers l'écoutent décrire la scène. C'est un bon conteur, car ils ont presque l'impression de voir le couple marcher dans l'herbe brûlée par le froid de l'hiver qui se termine.

Mais l'atmosphère est brutalement interrompue lorsque Wash ajoute que les chiens se sont mis à aboyer pour les accueillir !

Adieu l'intimité ! Eau tranquille et les enfants sont désormais au courant de leur retour !

"Ils avaient des chiens ? Dans la forêt ?" s'étonne Nabil.

Il y a toujours eu des chiens autour des tipis. En fait, les chiens amérindiens vivaient ici depuis plus de 15 000 ans. Ils vivaient en liberté autour des tipis. On les respectait car ils étaient utiles ; ils servaient de sentinelles autour du campement. Ils étaient également utilisés pour la chasse et le transport du matériel, puisqu'ils tiraient des travois comme des chevaux.

  

Ils ont presque complètement disparu avec l'arrivée des Européens, qui ont introduit de nombreuses races de chiens européennes. Les croisements et des maladies alors inconnues, comme la maladie de Carré, ont conduit à l'extinction quasi totale des chiens d'origine.

Sur la côte ouest canadienne, il y avait même une race de chiens laineux qui étaient élevés comme des moutons par la nation Salish, ils les tondaient et filaient la laine obtenue pour en faire des couvertures (ICI).

Et il y avait bien sûr des légendes à leur sujet, et des mythes, il y en a même un qui disait que les chiens aux yeux vairons (de couleurs différentes) peuvent voir simultanément le monde physique et le monde des esprits.  

 

C'est là qu'Oona intervient.

"Chez vous, les Ojibwés, les chiens étaient-ils mangés, comme chez les Iroquois ?" 

"Non ! Pas à ma connaissance en tout cas ; je n'en ai jamais entendu parler pour mon peuple", répond Wash.

Guylaine demande :

"La nation Mohawk est une nation iroquoise. Tes ancêtres mangeaient donc du chien, Oona ?"

'Oui, la consommation de chien était parfois pratiquée par les Kanien'kehà:ka (Mohawks) et par d'autres nations iroquoiennes, mais elle était principalement rituelle et cérémonielle, et non pas un aliment courant. Le chien était considéré comme un animal noble, souvent sacrifié lors de fêtes importantes ou de festins de guerre pour honorer des invités ou sceller des alliances, où le sacrifice d'un chien blanc était particulièrement un honneur. Tu vois pourquoi je ne suis pas du tout fière des traditions ancestrales de mon peuple ?!".

"Mais ça ne se fait plus de nos jours, je suppose" demande Guylaine.

"Non, bien sûr. Mais ça c'est fait".

Guylaine perçoit son malaise face à certaines traditions mohawks et répond doucement :

"Beaucoup de choses se faisaient autrefois, l'essentiel est qu'elles ne se font plus".

 

Franck est mal à l'aise aussi, car il sait qu'Oona a dû faire un grand effort pour parler des traditions de ce peuple guerrier, dont elle a voulu se distancer au plus vite dès qu'elle l'a pu (en s'engageant à 16 ans dans l'armée canadienne), et il l'interrompt.

"Et si on demandait à Wash de nous raconter une légende de chiens, s'il en connaît une ?".

Wash est soulagé lui aussi et dit qu'il en connaît une assez bonne, mais qu'elle est longue. Tous ses amis lui disent que ce n'est pas grave et qu'ils veulent l'entendre.

Alors le jeune homme se met à raconter de sa belle voix grave :

C'était il y a fort longtemps. Celui que nous appelons Nanabozo, le premier être à forme humaine, errait parmi les hommes. C'était avant l'arrivée des humains sur Terre.

L'une des missions confiées à Nanabozo par le Créateur était d'améliorer le sort des humains à leur arrivée.

Alors, il se dit : "Je me demande comment les animaux réagiront en voyant un être humain pour la première fois. Je ferais mieux de leur demander".

 

Nanabozo convoqua donc un grand conseil réunissant tous les animaux. Puis, se tenant devant eux, il dit : "Je veux que chacun de vous s'avance, et lorsque je prononcerai le mot désignant un être humain, dites-moi ce que vous ferez".

 

Le premier à s'avancer fut l'ours. À cette époque, l'ours était si grand qu'il dépassait les plus hauts arbres.

Sa gueule était si immense qu'il pouvait avaler un tipi entier.

Et lorsque Nanabozo prononça le mot "anishinaabe" (qui signifie "être humain" mais qui est aussi le nom de mon peuple, les ojibwés), l'ours s'écria : "J'avalerai tous les êtres humains que je verrai !".

Nanabozo réfléchit à cela. Il se dit : "Je ne pense pas que les humains apprécieront d'être avalés par des ours ; il vaut mieux que je fasse quelque chose".

Il décida donc d'utiliser l'un des pouvoirs que le Créateur lui avait donnés, le pouvoir de changer les choses, un pouvoir que nous, humains, possédons également et dont nous abusons souvent.

Nanabozo dit à l'ours : "Tu as des pellicules collées à ta fourrure ; laisse-moi les enlever avec mes doigts".

L'ours s'assit devant lui, et Nanabozo commença à passer ses doigts sur son dos. Ce faisant, en enlevant les pellicules, il le rendit de plus en plus petit, jusqu'à ce qu'il atteigne la taille des ours d'aujourd'hui.

Et lorsque Nanabozo lui demanda : "Et maintenant, que feras-tu quand tu verras un humain ?", l'ours se regarda et répondit : "Je m'enfuirai !"

C'est ce que font généralement les ours encore aujourd'hui.

 

Le suivant à apparaître fut celui que nous appelons "mooz", l'élan (ou orignal). Il était si imposant que ses bois étaient plus grands que les plus hauts pins, et plus acérés que les lances les plus pointues.

Lorsque Nanabozo prononça le mot "anishinaabe", cet orignal répondit : "Je lancerai des lances sur chaque être humain que je croiserai, je les lancerai sur mes cornes, je les lancerai par-dessus la cime des arbres et je les piétinerai de mes sabots jusqu’à ce qu’ils soient aussi plats que ta main !"

Et Nanabozo pensa de nouveau : "Je ne pense pas que les humains prennent beaucoup de plaisir à se faire transpercer et aplatir par l’orignal ; il vaut mieux que je fasse quelque chose".

Alors il dit à l’orignal : "Nidoba, mon ami, tu sembles très fort. Faisons un concours ; je lève les bras et tu essaies de me repousser". L’orignal accepta, se pencha en avant, plaça son museau dans une des mains de Nanabozo, ses énormes bois dans l’autre, et commença à pousser de toutes ses forces. Mais Nanabozo ne bougea pas. Et les bois de l'élan devinrent plus petits et plus ronds, et l'élan lui-même devint beaucoup, beaucoup plus petit qu'avant, et son nez fut écrasé.

L'élan se regarda lorsque Nanabozo dit : "Et maintenant, que feras-tu quand tu verras un être humain ?" L'élan répondit : "Euh, je m'enfuirai".

 

Nanabozo parla ensuite à de nombreux animaux, l'un après l'autre. Il y avait presque une histoire différente pour chacun, mais certains n'étaient pas du tout dangereux.

Par exemple, le lapin dit : "Quand je verrai un être humain, je courrai bêtement partout et je serai terrifié !" C'est ce que le lapin fait encore aujourd'hui.

Les petits souris dirent "nous allons nous faufiler dans leurs tipis et mangeront leur nourriture !" Et Nanabozo répondit : " Eh bien, ça ne leur fera pas vraiment de mal, vous pouvez le faire".

 

Mais à la fin, il ne restait plus qu'un seul animal. Il était assis là, devant lui, remuant la queue. C'était, bien sûr, le chien. Nanabozo lui dit : "Nidoba, mon ami, vas-tu faire du mal aux humains quand ils arriveront ?"

Le chien secoua la tête et répondit : "Non, j'attends les humains avec impatience ! Je veux être leur meilleur ami, jouer avec leurs enfants, chasser avec eux, vivre dans leurs tipis, partager leur nourriture et même me glisser dans leur lit. Je veux être leur meilleur, meilleur, meilleur, meilleur ami !"

Nanabozo regarda le chien et vit qu'il avait bon cœur.

Il dit : "Nidoba, mon ami, tu seras le meilleur ami que les humains aient jamais eu, un ami meilleur même que certains ne le mériteront.

 

Les baroudeurs applaudirent tous celui qui venait de leur raconter cette belle légende, puis ils se mirent à parler qui de son chien d'enfance, qui d'un chien qu'il avait aimé, ou du chien dont ils rêvaient.

Ensuite, ils préparèrent un souper léger, et la soirée se termina assez tôt lorsque tout le monde commença à bâiller. Il était temps d'aller se coucher pour rattraper le sommeil perdu après les festivités de la veille.

 

Bonne journée :-)

♥♥♥

---------------- 

The text is very long, so the translation is available in a Word document that you can dowload it HERE :

Commentaires
P
Merci encore une fois pour ces intéressants souvenirs ! Et tes belles photos ! C'est vrai, on s'y croirait. Bonne journée et bises
Répondre
G
Merci Pascale :-)<br /> Bonne journée,<br /> Bises
M
Une bien intéressante soirée autour du thème du chien amérindien avec ces témoignages, histoire et légende. Bravo pour ce bel épisode.<br /> Bises
Répondre
G
Merci Mamieminette :-)<br /> Bonne journée,<br /> Bises
S
Les relations intimes des couples n'étaient pas simples, lorsque toute la famille vivait dans la même pièce ! et bien courageux par ce froid glacial... Cela en a été de même ensuite chez les familles pauvres, les pêcheurs aussi, les gens de la terre et des villes qui aussi vivaient dans l'ancien temps dans la même pièce, les parents, les jeunes couples, les enfants, les animaux, l'intimité n'était pas simple non plus durant des siècles...<br /> Wash, merci de ta légende entre les humains et les animaux, sans oublier qu'ils subissent pour la plupart plus ou moins de la maltraitance aujourd'hui encore ! hélas. <br /> Bisous
Répondre
G
Oui, "hélas", et au centuple... parce que le respect des animaux est encore bien loin d'être entré dans toutes les têtes.<br /> Non, en effet, où que ça ait été, la cohabitation dans une même pièce ne devait pas être un cadeau tous les jours, que ce soit de nuit ou de jour d'ailleurs.<br /> Bonne journée :-)<br /> Bises
P
Merci, Wash, pour cette belle légende ! <br /> Il n'était pas facile d'avoir de l'intimité quand l'on habitait un tipi. Même encore de nos jours, il doit falloir trouver des solutions pour certains peuples.<br /> Belle journée
Répondre
G
En effet, ça existe toujours dans beaucoup de peuples et peuplades, notamment toutes les communautés nomades ou forestières qui n'ont pas encore été "changés" par la civilisation moderne (comme ils ont raison, d'ailleurs...).<br /> Bonne journée :-)
T
Même sous uns peau de bison , pas certaine d'avoir envie de batifoler dans les sous bois en plein hiver !! Dans toutes les civilisations , les couples ont trouvé des solutions pour avoir un peu d'intimité car avant plusieurs générations partageaient le même toit et très souvent la même pièce et heureusement !! <br /> <br /> Très belle façon d'imaginer comment protéger l'humain des animaux , dommage que l'homme n'est pas la même sagesse même vis à vis des chiens qui restent le meilleur ami de l'humain malgré la méchanceté de certains . <br /> <br /> Gros bisous du caillou .
Répondre
G
Ta ta ta tata... c'est parce que tu n'as jamais essayé une peau de bison :-)<br /> <br /> Les humains, méchants avec les animaux, non, crois tu ?! <br /> Et pas seulement des chiens ou des chats.........!!!<br /> Il n'y a qu'à voir les élevages de cochons ou de poules, ou de vaches laitières et leurs veaux, ce sont quotidiennement des millions de ces pauvres bêtes qui vivent une vie martyrisés et une mort atroce....Mais personne ne pleure sur eux.<br /> Alors, "certains humains" méchants avec les animaux ??? c'est presque un pléonasme.<br /> Gros bisous :-)
R
Cc Guyloup, <br /> Très intéressant cette légende, merci pour ce récit <br /> Mais C’était avant.<br /> Bonne journée <br /> Bisous Yvette
Répondre
G
Oui, bien avant maintenant !<br /> Bonne journée :-)<br /> Bises
P
il est vrai qu'à l'époque, on ne tuait pas les animaux juste pour le plaisir et on utilisait tout ce qu'on pouvait, surtout les peaux.<br /> Il me semble que tes peaux de bisons sont un peu petites pour un moment d'intimité ;)<br /> La légende du chien est très belle<br /> <br /> J'aime beaucoup cette série qui m'apprend plein de choses sur les Amérindiens, mais tu sais bien que j'ai toujours aimé ces histoires!
Répondre
G
Merci beaucoup Plaminette :-)<br /> En effet ; selon la tradition amérindienne, il était interdit de tuer sauf en cas de légitime défense, laquelle incluait bien entendu se défendre ou défendre les siens, mais aussi se nourrir pour ne pas mourir de faim. Et dans ce cas, il fallait rendre hommage à l'animal de qui on prenait la vie pour survivre, et ne rien en gaspiller, par respect.<br /> On est bien loin des "chasseurs sportifs" qui tuent pour s'amuser le week-end, ou des goinfres qui laissent une partie de leur viande dans leur assiette parce qu'ils sont déjà trop nourris, sans la moindre pensée pour l'animal vivant et respirant que c'était avant de finir là...<br /> De nos jours, dans notre civilisation de consommation facile, nous sommes nombreux à ne pas avoir même une simple pensée de respect devant le contenu d'origine animale de notre assiette... c'est dommage.<br /> Bonne journée :-)<br /> Bises
M
Très intéressante cette légende sur les animaux avant l'apparition des êtres humains sur la terre. Merci Wash. Tout aussi intéressant que ce que tu nous racontes sur les relations intimes d'un couple chaudement enroulés dans des peaux de bisons après avoir quitté leur tipi.<br /> Bises et bonne journée,<br /> Martine
Répondre
G
Merci Martine.<br /> Toutefois, à leur place, j'aurais quand même attendu qu'il fasse un peu plus chaud !<br /> Bonne journée :-)<br /> Bises
Mille et 1 passions
Mille et 1 passions

Franco-Canadienne, photographe et auteure d'histoires illustrées de photos réalisées avec des poupées + vêtements et accessoires miniatures. collectés au fil du temps ou cousus/réalisés de mes mains, et parfois ajout de graphisme digital dans le post-traitement des photos (je n'utilise pas l'IA dans mes créations photographiques ou graphiques).
Voir le profil de Guyloup sur le portail Canalblog

Newsletter
Mille et 1 passions sur Pinterest
---

 

Les lutins créés par Rosemarie Müller

 

Patrons de broderie, Idées déco, Recettes

 

---
1001 choses
Alix tricote
Anna in neverland
Antique Lilac - Martha Boers

 

Au pays de Tigrette
Dans le pupitre d'Esyram
Galanthe des Neiges
Chéries et Mini-Corollines - Rose des Vents
Le grenier de Patmo
Le jardin de la Musaraigne
Le petite monde d'Alice
Le petit monde de Line
Le petit monde de Patmo
Les passions d'ART
Les petits loisirs de Mamieminette
Les petits mondes de Mamieminette
Marie-Françoise et Cie (C. comme Ça)
Passionatal
Les Chéries de Vaniline
Les poupées de Martine