Souvenirs amérindiens - câlins, peaux de bisons, et chiens
(english below)
Comme je l'avais imaginé, le groupe s'est levé assez tard après la soirée festive d'hier (ICI).
La météo annonçait un temps magnifique, quoique frais. Quittant le club (tard dans la nuit, ou tôt le matin, selon le point de vue), ils décidèrent de se retrouver au chalet pour un brunch léger vers onze heures, puis d'aller flâner dans le parc national pour prendre l'air.
Comme vous le voyez, si la neige qui est retombée lundi et mardi a presque totalement refondu sur les terrains exposés au vent, ce n'est pas le cas dans les sous-bois.
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Les jeunes français se sont alors rappelés en riant qu'il y a exactement un an de cela, ils faisaient leur première promenade dans le parc et s'y sentaient un peu perdus, alors que 365 jours plus tard, ils reconnaissent les sentiers et se dirigent sans problème où ils veulent aller.
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De retour au chalet, ils attendirent Guylaine et Jasmine, qui devaient les y rejoindre après leurs cours, puis ils s'installèrent tous pour prendre un rafraichissement.
C'est alors que Wash prit la parole.
"Vous vous souvenez de ce que je vous ai expliqué la semaine dernière (ICI) : que les couples amoureux allaient parfois chercher leur intimité loin du camp. Eh bien, par une belle journée comme aujourd'hui, je pense que mon aïeul, Marche à l'aube, et sa bien-aimée, Beaucoup d'étoiles, auraient profité de la présence d'Eau tranquille, qui est encore sous leur tipi parce que son mari n'est toujours pas rentré de ses chasses d'hiver. Comme elle s'occupe des enfants, ils seraient sans doute allés seuls tous les deux vivre un moment intime dans le bois".
Guylaine est interloquée.
"Un moment intime dans les bois ? Par une journée comme celle-ci ? Allons, Wash, il ne faisait que 3 °C cet après-midi !"
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Tout le groupe éclata de rire, pensant qu'il plaisantait.
"Il faisait bien trop froid pour avoir des idées pareilles dehors !" gloussa Jasmine.
Tous acquiescèrent, et quelques plaisanteries fusèrent sur l'effet du froid sur les hommes !
"Tu sous-estimes le pouvoir protecteur d'une peau de bison contre le froid, même le froid extrême… Enveloppé dedans, tu restes au chaud même par -35 degrés, car c'est un pelage épais et laineux, très dense, qui emprisonne parfaitement la chaleur corporelle. Alors, imagine ce que c'est que d'être entre deux peaux de bison !! répond Wash d'un ton taquin. Non, pas de doute, je suis certain qu'ils en auraient profité" ajoute-t-il.
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Il semble à ses camarades qu'il visualise mentalement la scène qu'il leur décrit, où Marche à l'aube et Beaucoup d'étoile reviennent tranquillement à leur tipi en se regardant d'un air complice et satisfait.
Les aventuriers l'écoutent décrire la scène. C'est un bon conteur, car ils ont presque l'impression de voir le couple marcher dans l'herbe brûlée par le froid de l'hiver qui se termine.
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Mais l'atmosphère est brutalement interrompue lorsque Wash ajoute que les chiens se sont mis à aboyer pour les accueillir !
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Adieu l'intimité ! Eau tranquille et les enfants sont désormais au courant de leur retour !
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"Ils avaient des chiens ? Dans la forêt ?" s'étonne Nabil.
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Il y a toujours eu des chiens autour des tipis. En fait, les chiens amérindiens vivaient ici depuis plus de 15 000 ans. Ils vivaient en liberté autour des tipis. On les respectait car ils étaient utiles ; ils servaient de sentinelles autour du campement. Ils étaient également utilisés pour la chasse et le transport du matériel, puisqu'ils tiraient des travois comme des chevaux.
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Ils ont presque complètement disparu avec l'arrivée des Européens, qui ont introduit de nombreuses races de chiens européennes. Les croisements et des maladies alors inconnues, comme la maladie de Carré, ont conduit à l'extinction quasi totale des chiens d'origine.
Sur la côte ouest canadienne, il y avait même une race de chiens laineux qui étaient élevés comme des moutons par la nation Salish, ils les tondaient et filaient la laine obtenue pour en faire des couvertures (ICI).
Et il y avait bien sûr des légendes à leur sujet, et des mythes, il y en a même un qui disait que les chiens aux yeux vairons (de couleurs différentes) peuvent voir simultanément le monde physique et le monde des esprits.
C'est là qu'Oona intervient.
"Chez vous, les Ojibwés, les chiens étaient-ils mangés, comme chez les Iroquois ?"
"Non ! Pas à ma connaissance en tout cas ; je n'en ai jamais entendu parler pour mon peuple", répond Wash.
Guylaine demande :
"La nation Mohawk est une nation iroquoise. Tes ancêtres mangeaient donc du chien, Oona ?"
'Oui, la consommation de chien était parfois pratiquée par les Kanien'kehà:ka (Mohawks) et par d'autres nations iroquoiennes, mais elle était principalement rituelle et cérémonielle, et non pas un aliment courant. Le chien était considéré comme un animal noble, souvent sacrifié lors de fêtes importantes ou de festins de guerre pour honorer des invités ou sceller des alliances, où le sacrifice d'un chien blanc était particulièrement un honneur. Tu vois pourquoi je ne suis pas du tout fière des traditions ancestrales de mon peuple ?!".
"Mais ça ne se fait plus de nos jours, je suppose" demande Guylaine.
"Non, bien sûr. Mais ça c'est fait".
Guylaine perçoit son malaise face à certaines traditions mohawks et répond doucement :
"Beaucoup de choses se faisaient autrefois, l'essentiel est qu'elles ne se font plus".
Franck est mal à l'aise aussi, car il sait qu'Oona a dû faire un grand effort pour parler des traditions de ce peuple guerrier, dont elle a voulu se distancer au plus vite dès qu'elle l'a pu (en s'engageant à 16 ans dans l'armée canadienne), et il l'interrompt.
"Et si on demandait à Wash de nous raconter une légende de chiens, s'il en connaît une ?".
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Wash est soulagé lui aussi et dit qu'il en connaît une assez bonne, mais qu'elle est longue. Tous ses amis lui disent que ce n'est pas grave et qu'ils veulent l'entendre.
Alors le jeune homme se met à raconter de sa belle voix grave :
C'était il y a fort longtemps. Celui que nous appelons Nanabozo, le premier être à forme humaine, errait parmi les hommes. C'était avant l'arrivée des humains sur Terre.
L'une des missions confiées à Nanabozo par le Créateur était d'améliorer le sort des humains à leur arrivée.
Alors, il se dit : "Je me demande comment les animaux réagiront en voyant un être humain pour la première fois. Je ferais mieux de leur demander".
Nanabozo convoqua donc un grand conseil réunissant tous les animaux. Puis, se tenant devant eux, il dit : "Je veux que chacun de vous s'avance, et lorsque je prononcerai le mot désignant un être humain, dites-moi ce que vous ferez".
Le premier à s'avancer fut l'ours. À cette époque, l'ours était si grand qu'il dépassait les plus hauts arbres.
Sa gueule était si immense qu'il pouvait avaler un tipi entier.
Et lorsque Nanabozo prononça le mot "anishinaabe" (qui signifie "être humain" mais qui est aussi le nom de mon peuple, les ojibwés), l'ours s'écria : "J'avalerai tous les êtres humains que je verrai !".
Nanabozo réfléchit à cela. Il se dit : "Je ne pense pas que les humains apprécieront d'être avalés par des ours ; il vaut mieux que je fasse quelque chose".
Il décida donc d'utiliser l'un des pouvoirs que le Créateur lui avait donnés, le pouvoir de changer les choses, un pouvoir que nous, humains, possédons également et dont nous abusons souvent.
Nanabozo dit à l'ours : "Tu as des pellicules collées à ta fourrure ; laisse-moi les enlever avec mes doigts".
L'ours s'assit devant lui, et Nanabozo commença à passer ses doigts sur son dos. Ce faisant, en enlevant les pellicules, il le rendit de plus en plus petit, jusqu'à ce qu'il atteigne la taille des ours d'aujourd'hui.
Et lorsque Nanabozo lui demanda : "Et maintenant, que feras-tu quand tu verras un humain ?", l'ours se regarda et répondit : "Je m'enfuirai !"
C'est ce que font généralement les ours encore aujourd'hui.
Le suivant à apparaître fut celui que nous appelons "mooz", l'élan (ou orignal). Il était si imposant que ses bois étaient plus grands que les plus hauts pins, et plus acérés que les lances les plus pointues.
Lorsque Nanabozo prononça le mot "anishinaabe", cet orignal répondit : "Je lancerai des lances sur chaque être humain que je croiserai, je les lancerai sur mes cornes, je les lancerai par-dessus la cime des arbres et je les piétinerai de mes sabots jusqu’à ce qu’ils soient aussi plats que ta main !"
Et Nanabozo pensa de nouveau : "Je ne pense pas que les humains prennent beaucoup de plaisir à se faire transpercer et aplatir par l’orignal ; il vaut mieux que je fasse quelque chose".
Alors il dit à l’orignal : "Nidoba, mon ami, tu sembles très fort. Faisons un concours ; je lève les bras et tu essaies de me repousser". L’orignal accepta, se pencha en avant, plaça son museau dans une des mains de Nanabozo, ses énormes bois dans l’autre, et commença à pousser de toutes ses forces. Mais Nanabozo ne bougea pas. Et les bois de l'élan devinrent plus petits et plus ronds, et l'élan lui-même devint beaucoup, beaucoup plus petit qu'avant, et son nez fut écrasé.
L'élan se regarda lorsque Nanabozo dit : "Et maintenant, que feras-tu quand tu verras un être humain ?" L'élan répondit : "Euh, je m'enfuirai".
Nanabozo parla ensuite à de nombreux animaux, l'un après l'autre. Il y avait presque une histoire différente pour chacun, mais certains n'étaient pas du tout dangereux.
Par exemple, le lapin dit : "Quand je verrai un être humain, je courrai bêtement partout et je serai terrifié !" C'est ce que le lapin fait encore aujourd'hui.
Les petits souris dirent "nous allons nous faufiler dans leurs tipis et mangeront leur nourriture !" Et Nanabozo répondit : " Eh bien, ça ne leur fera pas vraiment de mal, vous pouvez le faire".
Mais à la fin, il ne restait plus qu'un seul animal. Il était assis là, devant lui, remuant la queue. C'était, bien sûr, le chien. Nanabozo lui dit : "Nidoba, mon ami, vas-tu faire du mal aux humains quand ils arriveront ?"
Le chien secoua la tête et répondit : "Non, j'attends les humains avec impatience ! Je veux être leur meilleur ami, jouer avec leurs enfants, chasser avec eux, vivre dans leurs tipis, partager leur nourriture et même me glisser dans leur lit. Je veux être leur meilleur, meilleur, meilleur, meilleur ami !"
Nanabozo regarda le chien et vit qu'il avait bon cœur.
Il dit : "Nidoba, mon ami, tu seras le meilleur ami que les humains aient jamais eu, un ami meilleur même que certains ne le mériteront.
Les baroudeurs applaudirent tous celui qui venait de leur raconter cette belle légende, puis ils se mirent à parler qui de son chien d'enfance, qui d'un chien qu'il avait aimé, ou du chien dont ils rêvaient.
Ensuite, ils préparèrent un souper léger, et la soirée se termina assez tôt lorsque tout le monde commença à bâiller. Il était temps d'aller se coucher pour rattraper le sommeil perdu après les festivités de la veille.
Bonne journée :-)
♥♥♥
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The text is very long, so the translation is available in a Word document that you can dowload it HERE :
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