12 octobre 2019

La légende amérindienne de l'étang de l'ours

Voici comment naissent les légendes.

En tant qu'écolos convaincus de l'urgence de la situation environnementale, Marianne et Waban appuient l'action de Greta Thunberg et participent à la grêve scolaire du vendredi (Youth for Climate : France.  Canada).

Mais aujourd'hui, après avoir quitté leurs camarades manifestants, ils ne sont pas rentrés directement car Waban voulait montrer quelque chose à Marianne.

Il lui avait dit : n'oublie pas ton appareil photo surtout.

Comme si on avait déjà vu Marianne se déplacer sans son appareil !

Le soleil était encore fort, mais il descendait rapidement ; reflétés par les feuillages jaunes et orange, ses rayons nimbaient tout d'une couleur chaude et créait des contrastes d'ombres très fortes.

Waban dit : Je vais te montrer un endroit magnifique en automne : l'étang de l'ours. Sans doute l'endroit le plus coloré de la région, a-t-il ajouté.

Marianne sourit : Y a-t-il vraiment un ours ?! 

Waban répond en riant : Il y en a au moins eu un car c'était là où était le campement d'été des mes ancêtres il y a 6 générations de cela, et le nom de l'étang provient de cette époque.  Attends que nous y arrivions, et je te raconterai l'histoire.

Les voici partis.

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Ils s'enfoncent dans l'épais sous-bois et suivent le sentier que le passage des tribus amérindiennes a tracé il y a des décennies et des décennies de cela, devenu depuis une large allée empruntée par les promeneurs, les cyclistes, les randonneurs et les touristes au fil du temps.

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Tous deux avancent en silence, communiant avec cette nature qui offre une dernière fois sa beauté avant de s'endormir pour les longs mois d'hiver à venir.

Tout à coup Waban dit doucement : La lumière revient, le sous-bois s'éclaircit, nous approchons de la clairière de l'étang.

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Finalement, il s'exclame d'un ton joyeux : Nous y voici. Alors, qu'en penses-tu ?

Marianne ouvre grand ses yeux et admire l'éclatant décor dans lequel tous les tons d'ors et de carmins explosent littéralement.

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Pour le voir tel que Marianne l'a vu, cliquez ICI : _Group_IMG_880_4  et cliquez encore une fois sur l'image quand elle s'affichera, puis faites défiler !!!!

Waban sourit : Voilà, c'est ici que mes ancêtres passaient leur été. L'étang était bien plus haut à l'époque, car les amérindiens laissaient travailler les castors pour eux, dans la mesure où les castors leur faisaient des étangs grands comme des lacs, dans lesquels il suffisait d'attraper les poissons pour faire les repas.

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Il ajoute : assieds-toi sur cette souche, je vais maintenant te raconter l'histoire du nom de l'étang.

Écoutons-le nous aussi :

Mon aïeul s'appelait Soleil d'automne, il venait d'avoir 17 ans et il était parti chasser dans la montagne, quand il est tombé sur un ours blessé qui était épuisé et ne se débattait même pas. Personne ne sait ce qui lui a pris : au lieu de l'achever, et ainsi de terminer rapidement sa chasse, il a décidé de le soigner. Il a appliqué sur les blessures de l'ours le baume (antiseptique et cicatrisant que sa mère préparait avec des herbes), qu'il transportait toujours dans son sac-medecine. Puis il lui a donné à manger sa ration de viande séchée. Ensuite, il est reparti continuer à chasser et a laissé la nature suivre son cours pour l'ours.

Quelques jours plus tard, il accompagna les  jeunes filles qui ramassaient des baies. Il était fiancé à une jeune demoiselle nommée Sourire tranquille, et comme il était très amoureux, il s'arrangeait toujours pour la voir dès qu'il pouvait, donc il se portait volontaire pour les accompagner afin d'être avec elle. Voici alors qu'un ours s'approche du groupe. Soleil d'automne regretta de ne pas avoir emporté son fusil, mais seulement son arc, et il commençait a prendre une flèche dans son carquois quand il a remarqué le comportement de l'ours : celui-ci n'était absolument pas nerveux ni agressif. Même les filles ont arrêté d'avoir peur et l'ont regardé tout étonnées : l'ours leur "parlait" ! Il grognait doucement, et piétinait des pattes avant, puis tournait sur lui-même et s'asseyait, puis tout à coup, il a battu l'air de la patte en direction de Soleil d'automne, en penchant la tête de côté et il s'est couché sur le dos. 

Est-ce que tu penses que c'est l'ours que tu as soigné la semaine dernière ? a demandé Pluie de printemps, la soeur de Soleil d'automne. Si c'est le cas, il semble vouloir te remercier !

Les filles avaient toujours un peu peur, mais elles ont recommencé à ramasser leurs baies sous la surveillance de Soleil d'automne qui ne quittait pas l'ours des yeux, et peu à peu, elles se sont senties moins inquiètes.  Quand il a été temps de rentrer, l'ours s'est levé et les a suivis. Arrivés au camp, ils ont calmé les gens qui paniquaient, et ont empêché qu'on tue l'ours ; le chef est sorti de son tipi et a appelé le chamane. Ce dernier a dit que l'esprit de Soleil tranquille était entré dans l'ours quand il lui avait sauvé la vie, et qu'ils semblait qu'ils étaient devenus frères. Alors tout le monde a fini par accepter cet ours qui restait près du tipi où vivaient Soleil d'automne et Pluie de printemps avec leur famille.

Quand ils ont levé le camp pour rejoindre l"emplacement du camp d'hiver, plus à l'abri dans les bois, l'ours ne les a pas suivi. Mais quand ils sont revenus au printemps suivant, l'ours était là. Quand Soleil d'automne a épousé Sourire tranquille, et qu'ils ont eu leur propre tipi, l'ours est venu dormir près de son tipi, et on dit qu'il a éloigné les coyotes des enfants un été où le nombre des coyotes avait été très important et qu'ils étaient devenus agressifs même avec les humains.

Voici pourquoi depuis, on appelle cet étant "l"étang de l'ours" (https://hikster.com/hikes/2812/), et qu'on appelle "le pic de l'ours" ( https://www.cantonsdelest.com/blogue/250/paddle-et-pic-de-l-ours-a-orford ) la montagne où Soleil d'automne a rencontré l'ours blessé quand il avait été chasser.

Ferme les yeux, ajoute Waban. Je suis sure que tu vas les voir dans ta tête.

Marianne ferme les yeux, et effectivement elle se croit retournée en 1860, au même endroit :

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Marianne est rêveuse, elle a du mal à se lever de sa souche pour repartir. Mais il faut rentrer, le soleil descendra bientôt derrière la montagne et la lumière baissera trop pour bien voir les embuches du chemin sous les feuilles.

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Si vous avez aimé cette randonnée en compagnie de Marianne et Waban, je vous offre un fond d'écran (wallpaper HD 1920 px) à voir pour le plaisir en grand format, ou à télécharger pour votre ordinateur, ici : IMG_8231_1920 pour que vous puissiez les accompagner "presque pour de vrai" !

Et si vous vous demandez comment j'emporte des poupées pour mes randonnées, voici la réponse : j'ai un sac à dos dans lequel il en rentre quatre debout ; dans le cas présent, Marianne et Waban + Pluie de printemps et Soleil d'autome. Photo prise par Petit mari bien sur.  J'ajoute que je suis en t-shirt, car pas frileuse du tout, mais Petit mari, comme la plupart des gens croisés, avaient enfilé pulls ou sweats !

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Pour finir, je précise que j'ai inventé la légende de l'ours de Soleil d'automne (sans doute l'imagination d'Anaïs au pays des merveilles déborde-t-elle sur moi !). En effet, personne ne connait l'origine du nom de l'étang ni de la montagne, tous deux situés dans le parc national du Mont Orford, et j'ai pensé que cette petite histoire en valait bien un autre pour expliquer leur origine :-)

Passez un bon samedi.

♥♥♥

 


22 septembre 2019

Marianne et Logan : randonnée au parc national où l'automne s'installe

Ça y est : les couleurs d'automne s'installent dans les arbres.

Elles ont commencé plus tard que d'habitude, mais semblent vouloir rattraper le temps perdu, car elles changent à une vitesse jamais vue depuis mes 20 années canadiennes.

Marianne et Logan ont voulu aller faire un tour au parc national (juste derrière chez nous).

Nous y sommes peu allés cette année car beaucoup de choses y ont changé :

1) ils ont carrément massacré des endroits qui étaient sauvages et superbes, pour y implanter des infrastructures permettant d'augmenter le nombre de campeurs et touristes (deux exemples : une merveilleuse chute d'eau qui était au bout de l'étang aux Cerises, qui cascadait en chantant d'une jolie voix claire, et dont les bords se couvraient de violettes sauvages au printemps ; endroit où on pouvait voir des cerfs venir se désaltérer dans un cadre somptueux.... jolie chute qui a été rasée au buldozer pour la remplacer par une grosse écluse hideuse en béton et ferraille. Ou encore, l'étang Huppé où nichaient des dizaines de familles de hérons depuis toujours, qui est maintenant à sec, et les hérons partis, depuis que des systèmes de pompage ont été installés pour faire de la neige artificielle dans la station de ski durant la saison des touristes d'hiver).

2) l'augmentation du nombre de campeurs et touristes se fait beaucoup avec des personnes qui viennent là "pour faire changement" (comme on dit ici !), et qui sont la plupart du temps peu intéressés par la nature (végétale et animale), considérant cela uniquement comme une sortie parmi d'autres. Ce qui fait que le bruit ambiant et le va-et-vient permanent ne sont plus propices à une sortie dans la paix et le silence, ce qui me semblait indipensable et inséparable d'une approche amoureuse de cette même nature. Beaucoup de ces gens seraient bien plus à leur place au coeur de Montréal dans un parc citadin que dans un parc national.

3) le parc privilégie désormais clairement ces campeurs "au week-end" ou "à la semaine", et les touristes "à la journée", car ils leur rapportent plus d'argent que des abonnés à l'année comme nous le sommes. De ce fait, il est désormais même interdit de s'arrêter pour faire des photos car cela dérange le flot de voitures, camping cars et caravanes ; ce qui n'est finalement pas plus mal car ils sont sensés rouler entre 30 et 50 km/h dans le parc, et je vous assure que pour ainsi dire personne ne respecte ces vitesses, et personne ne les contrôle. Et on n'a plus le droit non plus de sortir des sentiers balisés lorsqu'on randonne à pied, ce qui interdit donc maintenant toute possibilité de photo d'animal sauvage ou oiseau dans son décor naturel.

 

Maintenant, j'arrête de bavarder, et je vous invite à suivre Marianne et Logan dans leur randonnée.

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 Curieusement, certaines espèces ne veulent rien savoir du calendrier et restent fermement vertes comme en plein été !

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 Là, les deux amis sont partis escalader une grande colline boisée :

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 et se sont arrêtés un moment pour se reposer lors de la descente.

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 Les ombres s'allongent, il est l'heure de rentrer. 

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 Voilà, c'était tout pour cette sortie. J'espère que vous aurez aimé de voir ces premières couleurs automnales en compagne de Marianne et Logan.

Bon dimanche :-)

♥♥♥

10 mai 2019

Première sortie 2019 au parc national

Comme c'est le cas chaque année le 10 mai, le parc national du Mont Orford ouvrait aujourd'hui ses portes aux visiteurs pour la saison 2019.

Bien sur, on habite le long du parc national, donc, on n'a pas vraiment de dates pour aller s'y promener, mais passer par la grande entrée est un peu différent, car c'est le symbole du début de la belle saison qui va bientôt s'installer (tout au moins, on l'espère, parce que pour le moment, c'est mal parti !!!).

Nous y sommes donc allés aujourd'hui, comme tous les ans, afin de découvrir ce qui avait changé avec les rigueurs de l'hiver. Et la découverte fut qu'un nombre très important d'arbres est tombé durant les tempêtes successives que nous avons essuyé cet hiver, notamment une grosse tempête de vent, et plusieurs tempêtes de verglas.

Pour cett première visite, le temps n'était pas au beau fixe, c'est le moins que l'on puisse dire : pluie et crachin, aucun soleil, et une température de 8° à Orford. L'avantage est que j'ai pu m'adonner à ma passion pour la photo de gouttes d'eau !

je vous ai rapporté quelques photos de cette première balade, dont vous allez pouvoir profiter sans même vous mouiller !

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Passez un bon samedi :-)

♥♥♥

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12 juin 2018

Sur le quai flottant - On the floating dock

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Cet après-midi, Jordana, Kelsey et Peony sont allées se promener au bord du lac Stukely, dans le parc national ; elles ont fait un petit tour sur un des quais flottants... ce qui m'inquiétait un peu car elles n'avaient pas emporté leur maillot de bain !

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Il faisait beau, mais pas très chaud, la nuit dernière il ne faisait encore que 6°.

J'ai bien hâte de voir arriver un peu de chaleur, mais je ne me plains pas car nous sommes bien chanceux par rapport à la pluie et aux inondations qui ravagent la France ; bon courage à chacune d'entre vous qui se trouverait dans une des régions touchées par cette météo de fous.

♥♥♥

04 juin 2018

Tout meurt à petit feu...

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La semaine dernière, nous sommes allés passer l'après-midi au parc national, comme on le fait souvent avant l'arrivée des touristes.

Voici quelques images pour partager avec vous cette sortie.

D'abord, l"incontournable Mont Orford ! il restait encore quelques traces de neige en début de semaine ; elles ont disparu avant le week-end avec la petite poussée de "chaleur" dont nous avons bénéficié.

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Toujours le manque d'eau : ce marais au pied du mont est presque à sec.

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Dans le parc, autour de l'étang aux Cerises, la végétation se développe à toute vitesse :

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Les arbres sont de plus en plus feuillus.

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J'espérais rencontrer au moins un cerf durant cette longue promenade, mais il a fallu que je me contente de celui du panneau routier !

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Ici, l'étang Huppé, qu'on devrait rebaptiser "ancien étang Huppé".

Il y a encore 6 ou 7 ans, cet étang était encore une merveille de bio-diversité, et j'adorais aller m'asseoir tranquillement au bord, avec l'appareil photo pour y attendre oiseaux, canards, tortues, grenouilles, hérons qui y construisaient leurs nids, et cerfs qui venaient boire.

Depuis il s'est asséché et cette ancienne magnifique zone humide est totalement à sec et transformée en prairie dans laquelle il ne coule plus qu'un minuscule ruisseau.

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Il y a 9 ans de cela, voici ce que je photographiais : il y avait des nids de hérons en haut de chacun des grands arbres morts que vous voyez ci-dessus :

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il y avait des tortues (photos sous le nom de mon site de photo Naturelimages)

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et les hérons pêchaient des grenouilles et poissons pour nourrir leurs petits dans les nids :

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Tout meurt à petit feu, dans l'indifférence totale... je n'ose plus regarder mes anciennes photos tant cela me donne à la fois la nausée et l'envie de pleurer sur un passé révolu et des espèces qui disparaissent sans que personne ne fasse plus que juste dire "comme c'est triste"...

 

Pour terminer sur une notre plus agréable, voici la photo de la lune de ce jour là, bien visible dans l'après-midi :

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et les chevaux du ranch sur notre rue qui commencent à pouvoir brouter de l'herbe après les longs mois de foin séché durant l'hiver :

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♥♥♥

25 avril 2018

Tout, tout, vous saurez tout sur les castors avec Callie et Lea ! - You'll know everything about beavers with Callie and Lea !

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Mardi, Lea et Callie ont décidé d'aller faire un petit tour à l'entrée du parc national avant que la pluie s'installe.

Callie a montré une cabane de castor à Lea et lui a expliqué leur mode de vie :

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Callie explique :

Le castor est une espèce-ingénieur, le seul mammifère (avec l'Homme) qui aménage et construise à ce point son habitat : il fabrique des barrages qui peuvent atteindre plus de 75 mètres de long et plus de 1 mètre de haut. Le plus grand barrage découvert mesure 850 mètres de long, il se situe dans le Parc national Wood Buffalo, dans le nord de l'Alberta au Canada.
Il construit ces barrages afin de retenir l'eau.
 
Ces retenues d’eau aménagent ainsi une zone dans laquelle il peut se déplacer presque en toute sécurité. Le castor n'est pas à l'aise sur terre, mais il doit malgré tout s'y rendre afin d'y chercher sa nourriture. Cette "mare à castor" lui permet de se rendre à la nage sur les divers sites de son territoire. Elle lui permet également de ramener vers sa hutte les branches et le bois dont il mangera l'écorce et/ou qu'il utilisera pour la construction ou l'entretien de la hutte, du barrage ou comme provisions d'hiver (le castor se crée des réserves alimentaires constituées de branches plantées dans le sédiment, sous l'eau, souvent près de l'entrée de sa hutte en prévision des grands froids. Il y aura accès même sous une épaisse couche de glace. Il a besoin d'un minimum de 30 cm d'eau pour se déplacer aisément, et d'au moins 60 cm à l'endroit de l'entrée de son terrier ou de sa hutte.
 
Le castor vit dans une hutte, qui est généralement appuyée à la berge. Elle est construite avec des branches de bois et de la terre. Cette hutte est en général composée d'une entrée et de deux chambres. L'accès s'y fait essentiellement sous l'eau, mais la chambre principale est sous terre. Afin de renouveler l'air et de sécher la litière qu'il y amène, le castor intègre à sa hutte des conduits d'aération.
 
Sur un même site, on trouve parfois plusieurs huttes de tailles différentes, et dont la fonction varie selon les périodes de l'année. En hiver, c'est la hutte la plus proche d'une zone d'abattage qui sera le plus souvent utilisée, tandis qu'au printemps, certaines huttes seront plus occupées lors de la reproduction. Les castors vivent en famille sur un territoire bien déterminé.  
Voici l'aspect extérieur d'une hutte de castors (elle se trouve derrière Callie et Lea, au fond) :
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Les castors  sont surtout connus pour les barrages, les digues et les huttes qu'ils construisent sur les cours d'eau et les rivières. Ce sont les seules espèces à produire et entretenir des zones humides ; ils contribuent ainsi à la diversification de l'habitat. Ils ont été sur-chassés pour leur fourrure depuis l'arrivée des blancs sur le continent ce qui a conduit les deux espèces encore vivantes au bord de l'extinction. Les populations se reconstituent peu à peu grâce aux plans de conservation.

Dans des conditions favorables, les castors produiront leur première portée à deux ou trois ans. La durée de vie moyenne d'un castor dans la nature est de 10 à 20 ans. Bien que sa taille le protège de la plupart des prédateurs, la durée de vie d'un castor peut être réduite par les prédateurs, le plus souvent les humains, les loups et les coyotes.

La denture du castor est typique des rongeurs. Il ne possède pas de canines et ses incisives particulièrement développées, à croissance continue et taillées en biseau, lui permettent efficacement de ronger le bois des arbres. La mâchoire et la denture du castor sont parfaitement adaptées à la fois à l'écorçage et à la coupe du bois. C'est unique dans le monde des mammifères. 
Ses incisives poussent en permanence et il les aiguise en frottant celles du haut contre celles du bas, comme tous les rongeurs.
Le castor est exclusivement herbivore. Selon les saisons, il se nourrit d'écorces tendres (en hiver, essentiellement à partir de branches qu'il a accumulées dans une réserve sous l'eau) puis (à partir de la fin du printemps) de pousses, de fruits, d'herbe, de feuilles… Il peut aussi consommer des lentilles d'eau et des plantes aquatiques immergées ou leurs rhizomes. Il abat les arbres (parfois jusqu'à 1 m de diamètre environ) pour accéder aux feuilles en utilisant ses incisives très tranchantes, et utilise les troncs pour créer ou consolider les barrages.
Voici une série de photos de castors, papa, maman et bébé (dans la gueule de maman) prises en 2012-2013 quand j'étais encore photographe naturaliste (sous le nom de Naturelimages) :

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Il est important de savoir que le castor est un bienfait pour l'écosystème et pour le futur de nos nappes phréatiques , voici pourquoi :

En "ouvrant" à la lumière les ripisylves, les forêts galeries, et les fonds de vallées, et en inondant certains terrains, les familles de castors recréent et entretiennent des chapelets de zones humides s'alimentant gravitairement de l'amont vers l'aval. Ces milieux sont propices à l'épuration de l'eau (grâce notamment au pouvoir désinfectant des UV). Ils sont aussi facteurs d'hétérogénéisation et de complexification des cours d'eau et de leurs écotones, et au développement de la faune et de la flore (fleurs sauvages, insectes, batraciens, oiseaux, algues, poissons…). Ces barrages, s'ils sont assez nombreux et importants et si le fond est percolant (ceci ne vaut pas sur les rivières entamant un socle granitique) renforcent fortement l'alimentation des nappes phréatiques (Cf. Loi de Darcy) et favorisent une remontée du niveau de sources périphériques et une alimentation plus régulière des sources (moins d'à sec de ruisseaux en été, et débits d'étiage plus réguliers et importants). Si les ressources en écorce viennent à manquer localement, la famille de castors cherche un autre endroit où s'installer en aval ou en amont, laissant le temps aux arbres de repousser avant un nouveau retour. Si une famille disparait (déplacement, prédation, maladie…), le barrage se dégrade rapidement entrainant une baisse du plan d'eau qui laisse un nouvel espace ensoleillé ouvert à la colonisation des plantes pionnières. Ces cycles sont favorables à l'entretien d'une biodiversité plus élevée que s'il n'était pas présent et à un cycle biogéochimique plus complexe.

Toutes les essences autochtones européennes et nord-américaines d'arbres poussant dans les zones humides ont co-évolué avec le castor : coupées par le castor, elles recèpent facilement et produiront des taillis et des racines qui continueront à stabiliser les berges, tout en laissant plus de lumière éclairer la zone du barrage. Dans leur milieu, les populations naturelles de castor ne font donc pas de dégâts dans l'écosystème forestier.
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 Et voilà, le soleil s'en va, le ciel se couvre, la pluie va arriver... tant mieux, toute la végétation va pouvoir renaître...

À bientôt !

♥♥♥