01 mars 2020

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire (appel de 1000 scientifiques + pétition)

Face à l'urgence climatique, 1000 scientifiques appellent à la "désobéissance civile"
 
Texte de l’appel :
Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.
 
Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).
 
Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.
 
Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.
 
Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.
 
L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.
 
La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.
 
En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.
 
Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre.
 
Tribune initiée par :
Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institute for Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris
 
Texte original complet + lien de pétition ici : https://rebellionscientifiques.wordpress.com/

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29 février 2020

La conception du "zéro déchets" vue par les québécois !

En vente dans des supermarchés (ici un supermarché de la chaîne IGA, à Trois-Pistoles au nord de Québec), des sacs "zéro déchets" pour prendre les légumes au lieu de les mettre dans les sacs en plastiques (toujours offerts) ....

MAIS ...... 

des sacs en nylon vendus emballés dans des barquettes de polystyrène et du plastique alimentaire !

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Doit-on en rire ? 676979274

ou en pleurer ? 4006102916 (1)

 

 

 

Bon samedi :-)

♥♥♥

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22 janvier 2020

Le Québec, un exemple en matière d’action climatique ? hum ! (+ humour)

Alors que le Québec se targue partout  d’être un leader en matière de lutte contre les changements climatiques et de transition énergétique, et montre du doigt les autres provinces canadiennes et les autres pays, on peut se demander si il n'applique pas plutôt la politique du "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais".

Le Québec, un exemple en matière d’action climatique ? lol ! pas vraiment…

En fait, pas du tout, à en croire l’édition 2020 du rapport /État de l’énergie au Québec/ publié vendredi dernier : http://energie.hec.ca/wp-content/uploads/2020/01/EEQ2020_WEB.pdf

En 2018, les Québécois ont consommé l’équivalent de 365 000 barils de pétrole par jour !! gloups, on n'est pourtant que 8 millions d'habitants quand même !

Les ventes totales de produits pétroliers raffinés ont progressé dans la province de Québec de 22%, et celles d’essence de 47%. 

L’objectif de la province de Québec annoncé ? réduire notre consommation de 40% d’ici 2030… hum, dans 10 ans ? ça va être sacrément dur dur !!!  2261254778

La soif de pétrole québécoise s’explique par 2 principales choses :

- l’engouement des Québécois pour les SUV (au Québec, des VUS) en est une ; ils composent maintenant 41% du parc automobile québécois, contre 25% il y a 15 ans,

- l'écrasante popularité de la voiture comme moyen de transport pour un oui ou un non (j'ai vu un reportage sur quelqu'un qui prenait sa voiture pour aller chercher le courrier à la boite à lettre, plutôt que marcher) en est une autre : entre 1990 et 2017, le nombre de voitures a augmenté trois fois plus vite que la population de la province !!!!

Et pourtant, les transports en commun existent, les voitures électriques aussi, les bornes de rechargement sont même gratuites.

Quant à Montréal, selon une étude présentée ce matin, le parc automobile de la métropole a augmenté de 15% depuis 2013, pendant que le transport en commun n’a progressé que de 4%.

Quant à la consommation de gaz naturel, comme la production non traditionnelle de gaz de schiste s’accroît en Amérique du Nord, la proportion de cette source dans le réseau québécois va en grandissant, avec tout ce que cela entraine comme désastre écologique ( https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/672277/petrole-gaz-schiste-pollution-environnement  et https://reporterre.net/L-exploitation-du-gaz-de-schiste-devaste-les-Etats-Unis ).

Bref, "à défaut d’un virage majeur, le Québec fonce dans le murconcluent les chercheurs de HEC Montréal.  

Et pendant ce temps là, juste un peu plus au sud, un abruti un peu débile, prénommé Donald T. a dit : 'Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions d’apocalypse", en parlant de la courageuse et visionnaire Greta Thunberg.

On n'est pas prêts de s'en sortir...

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Mais pour terminer sur une note plus légère, bien qu'aussi épouvantable sur un point de vue de pollution, voici un résumé des pires embouteillages connus au monde ! 

Embouteillage à Beijing1. Beijing, août 2010

Ça dépasse l'entendement. Un embouteillage monstre sur la route qui conduit à la frontière entre la Chine et le Tibet. Imaginez : une file d'attente d'automobiles et de camions qui s'étend sur près de 100 kilomètres. Les villageois sont même allés porter eau et nourriture aux conducteurs et aux passagers. Il aura fallu quelques jours pour tout dégager ! 

 

Embouteillage à Bethel2. Bethel, août 1969

Le pire embouteillage de l'histoire des États-Unis. Durant trois jours, des automobiles immobilisées sur l'accotement et les voies de circulation, sur 32 kilomètres et des dizaines de milliers de personnes qui se faufilent entre elles, en direction de la ferme de Max Yasgur pour assister au Woodstock Music & Art Festival. Pratiquement une scène de guerre à l'époque du Peace and Love. 

 

Embouteillage à Chicago3. Chicago, février 2011

Sorties de route, accrochages, accidents majeurs, Chicago se souvient du 1er février 2011. Ce jour-là, il est tombé pas moins de 50 centimètres de neige, paralysant la ville et ses accès routiers. Une fois les précipitations terminées, il a fallu 12 heures pour dégager la voie de la neige qui s'accumulait à la hauteur des parebrises. 

 

Embouteillage en Allemagne4. Allemagne, avril 1990

La chute du mur de Berlin a entraîné une congestion monstre entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest, en ce week-end de Pâques. Le 12 avril, une autoroute sur laquelle circulaient quelque 500 000 véhicules par jour a été littéralement envahie par 18 millions de véhicules. Certains automobilistes ne se sont jamais rendus à destination… 

 

Embouteillage au Texas5. Texas, septembre 2005

Pas moins de 2,5 millions d'habitants de Houston ont choisi d'évacuer la ville, le 21 septembre, à l'approche de l'ouragan Rita. Résultat : un bouchon de circulation long de 100 kilomètres sur l'autoroute 45. Certains y sont demeurés prisonniers durant 48 heures. 

 

Embouteillage Paris-Lyon6. Paris-Lyon, février 1980

Ce qui fut décrit comme un des plus longs embouteillages de l'histoire de la France : un stationnement long de 175 kilomètres entre les villes de Paris et de Lyon. La cause : les vacanciers amateurs de ski qui retournaient à Paris au terme des vacances hivernales jumelées à de mauvaises conditions climatiques en région. 

 

Embouteillage à Moscou7. Moscou, novembre 2012

Neige et vent sont à l'origine d'un immense bouchon de circulation sur l'autoroute M-10, entre Moscou et Saint-Pétersbourg, le 30 novembre 2012. Certains sont restés bloqués durant trois jours. Les autorités ont même installé des tentes, sur le bas-côté de la route, pour offrir des provisions et de l'aide psychologique aux automobilistes prisonniers. 

 

Embouteillage à New York8. New York, septembre 2001

Ponts et tunnels fermés, accès en véhicule interdits sauf aux véhicules d'urgence, tous se souviennent du 11 septembre 2001 à New York. Des milliers d'automobilistes ont été pris au piège lors des attentats. 

Embouteillage de piétons à New YorkEt c'est sans compter les marcheurs qui, pour rentrer à la maison, ont envahi les ponts de la ville.

 

Embouteillage à Sao Paulo9. Sao Paulo, juin 2009

Une des villes du monde où la circulation est difficile. Selon le magazine Times, les habitants passent, en moyenne, 4 heures par jour dans les bouchons. Mais, le 10 juin 2009, la ville a enregistré un record avec un bouchon long de 292 kilomètres… Fallait être patient!

 

Embouteillage au Japon10. Japon, août 1990

Un retour de vacances difficile combiné à un ordre d'évacuation en raison d'une alerte au typhon, voilà tous les ingrédients pour un bel embouteillage entre les villes de Hyogo et Shiga, au pays du Soleil Levant. Le 12 août 1990, plus de 15 000 véhicules ont été abandonnés, causant un bouchon de circulation long de 143 kilomètres.

Et dire que certains pestent pour un retard de… 30 minutes !! (source : https://www.canald.com/decouvertes/tops/le-top-des-embouteillages-1.1440993 )

Bon mercredi :-)

♥♥♥

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28 septembre 2019

À l'école de la désobéissance

Nous sommes en grève de l’école parce que nous, nous avons fait nos devoirs.

Les gens nous disent toujours qu’ils sont pleins d’espoir. Qu’ils espèrent que les jeunes sauveront le monde. Mais nous n’allons pas sauver le monde. Il ne reste pas suffisamment de temps pour que nous grandissions et prenions les commandes. Parce qu’en 2020, nous devons avoir inversé la courbe de nos émissions carbone. C’est l’an prochain !

Nous savons que les hommes et les femmes politiques ne veulent pas nous parler. Très bien, nous ne voulons pas leur parler non plus. À la place, nous voulons qu’ils parlent aux scientifiques, qu’ils les écoutent enfin. Parce que nous ne faisons que répéter ce qu’ils disent et redisent depuis des décennies. Nous voulons que vous respectiez l’Accord de Paris et les préconisations des rapports du GIEC. Nous n’avons aucun autre manifeste politique ni aucune autre demande que celle-là : écoutez la science !

Quand la plupart des politiques parlent des grèves de l’école pour le climat, ils parlent d’à peu près tout sauf de la crise du climat. Beaucoup d’entre eux détournent la question et débattent de savoir si nous sommes en train d’encourager l’absentéisme. Ou si nous ne devrions pas plutôt aller à l’école. Ils inventent toutes sortes de conspirations et font de nous des marionnettes incapables de penser par elles-mêmes. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour détourner l’attention de la crise du climat et changer de sujet. Ils ne veulent pas en parler parce qu’ils savent très bien qu’ils ne peuvent pas gagner cette bataille. Ils savent très bien qu’ils n’ont pas fait leurs devoirs. Mais nous, nous les avons faits.

Certains disent que nous nous battons pour notre futur, c’est faux. Nous ne nous battons pas pour notre futur. Nous nous battons pour le futur de tout le monde. Et si vous pensez que nous ferions mieux d’aller à l’école, alors nous suggérons que vous nous remplaciez dans la rue, que vous fassiez la grève vous-même. Ou plutôt, que vous nous rejoigniez pour accélérer les choses.

Si vous aviez fait vos devoirs, vous comprendriez que nous avons besoin d’un nouveau projet politique. Nous avons besoin d’une économie totalement repensée en fonction de ce qu’il reste de notre budget carbone déjà faible. Mais cela n’est pas suffisant. Oui, nous avons besoin d’une toute nouvelle façon de penser. Le système politique que vous avez créé ne fonctionne que sur le principe de compétition. Vous trichez autant que vous le pouvez puisque le plus important, c’est de gagner. Uniquement pour avoir plus de pouvoir. Nous devons arrêter cela, nous devons arrêter de nous battre les uns contre les autres en permanence. Nous devons coopérer et partager les ressources de la planète de façon équitable. Nous devons commencer à vivre dans les limites de ce que la planète propose, à nous concentrer sur les questions d’équité, et prendre quelques pas de recul au nom de la vie des différentes espèces. Il faut que nous protégions la biosphère.

L’air. Les forêts. La terre.

Cela paraît bien naïf. Mais si vous aviez fait vos devoirs, vous sauriez que nous n’avons pas d’autre choix. Nous devons utiliser chaque parcelle de notre être pour stopper le changement climatique. Car si nous n’y parvenons pas, tous nos progrès et réalisations n’auront servi à rien. Et l’héritage politique de nos dirigeants actuels sera le plus grand échec de toute l’histoire de l’humanité. On se souviendra d’eux comme des pires criminels de tous les temps parce qu’ils auront décidé de ne pas écouter et de ne pas agir. Mais cela pourrait être différent. Il est encore temps.

Pour le futur de tous

On nous dit que l’Union européenne entend poser son objectif de réduction des émissions carbone à 45 % en dessous des émissions de 1990, d’ici 2030. Certains disent que c’est bien, que c’est ambitieux. Mais cet objectif ne suffira toujours pas à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5 degré. Cet objectif ne suffit pas à protéger le futur des enfants d’aujourd’hui. Si l’Union européenne entend sérieusement s’engager à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, elle doit réduire ses émissions carbone de 80 % d’ici à 2030 (et cela inclut le transport aérien et maritime). C’est donc deux fois plus ambitieux que la proposition actuelle.

Les actions requises vont au-delà de tout manifeste ou parti politique.

À nouveau, nos dirigeants ont balayé leur désastre sous le tapis pour que notre génération le nettoie ensuite.

Et pardonnez-moi, mais dire que tout va très bien se passer tout en continuant à faire comme avant ne nous donne aucun espoir. C’est même l’opposé de l’espoir. Et pourtant, c’est exactement ce que vous faites. Vous ne pouvez pas rester sans rien faire à attendre que l’espoir vous tombe dessus. Ou alors vous agissez comme des enfants irresponsables et gâtés.

Vous n’avez pas l’air de comprendre que l’espoir est une chose que vous devez aller chercher, que vous devez gagner. Et si vous êtes encore là, à raconter que « nous sommes en train de gâcher notre précieux temps d’apprentissage », alors laissez-moi vous rappeler que nos dirigeants ont gâché des décennies en déni et inaction. Et comme le temps est en train de nous échapper, nous avons décidé d’agir.
Nous avons commencé à nettoyer votre désastre. Et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas fini.

Extrait du livre-manifeste de Greta Thunberg, traduit de l’anglais par Flore Vasseur, publié chez KERO.

Rejoignez-nous

 #GrevePourLeClimat

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13 août 2019

Belle et Ethan parlent de la "revitalisation" des rives des lacs et des cours d'eau

Ces photos ont déjà un mois, que le temps file vite.

J'avais croisé Belle et Ethan qui se promenaient à "la pointe Merry", un petit parc public sur les bords du lac Memphérmagog, endroit où ont lieu diverses manifestations et expositions au fil des mois.

Ethan aime photographier sa chérie, et il la mitraille sans arrêt , souvent sans qu'elle s'y attende d'ailleurs !

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 Mais elle s'y prête avec bonne volonté.

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Ils se sont promenés un peu plus loin sur la partie dégagée, admirant au loin le massif du Mont Orfrod (embrumé comme presque toujours dans ce pays si humide) :

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 puis sont retournés sur la partie où la végétation de la rive regagne du terrain. 

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- sais-tu pourquoi la végétation de la rive regagne du terrain ? a demandé Belle à Ethan.

- c'est parce qu'il fallait lutter contre la pollution des cours d'eau et des plans d'eau, qui devenait dramatique il faut l'avouer (cyanobactéries notamment, mais pas seulement), pour diverses raisons :  excès d'utilisation de pesticides qui partent dans les cours d'eau (dans un pays à l'été aussi court, on ne peut pas faire autrement que saturer les champs et plantations de pesticides si on veut faire pousser en moins de 6 mois ce qui pousse ailleurs en 8 mois), trop nombreuses embarcations à moteurs dont la vitesse crée des ondes de vagues qui détruisent la structure des rives, déforestation générale, et déboisement des rives par les proprios qui veulent se créer des plages dignes de l'Atlantique (certains faisant rentrer des camions de sable pour agrandir leur plage en avançant dans l'eau).

De ce fait, au niveau de la végétation des rives qui disparaissait, une loi de "revitalisation des rives", appelée Politique de protection des rives (la mise en œuvre de cette politique s’effectue en deux étapes : son insertion dans les schémas d’aménagement et de développement des municipalités régionales de comté, puis son intégration dans les règlements d’urbanisme de chacune des municipalités du Québec) a été votée en juillet 2014 (décret 702-2014), car il a été "découvert" que la végétation au bord de l'eau jouait un rôle de protection de la structure des rives, mais aussi un rôle de filtre, et représentait un "poumon" pour l'oxygénation des lacs et cours d'eau (oui oui, on ne rit pas : il leur a fallu des années d'études couteuses, faites par des gens bardés de diplômes dans des bureaux, pour réaliser cette évidence : retirez la végétation, et vous aurez une boule chromée sur laquelle plus rien ne survit !).

Après une discussion passionnante sur ce sujet, Belle et Ethan, se sont tus et se sont contenté d'admirer le jeu des vagues que le vent poussait doucement (contrairement aux vagues créées par les bateaux à moteurs, qui sont violentes lorsqu'elles finissent par atteindre la rive, même si l'embarcation est passée à 100 mètres de là quelques minutes plus tôt. C'est un phénomène qui m'impressionne à chaque fois).

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Mais comme je vous le disais, il y avait du vent ! et j'ai joué un bon moment avec lui pour prendre cette photo.....................

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..................... sans avoir la tige de la fleur qui soit en plein devant le visage de l'un ou l'autre de mes petits personnages !!!

Bien entendu, pour moi, il aurait été inconcevable de couper cette tige d'une plante qui poussait de son plein droit sur son propre terrain, juste pour le plaisir d'une photo. Alors je me suis amusée, et j'ai shooté jusqu'à ce que j'obtienne la photo ci-dessus où la tige n'est pas trop mal placée.   

Mon mari était assis tranquillement sur le banc d'une table de pique nique à quelques mètres de là, et il rigolait bien en voyant mes nombreux essais, à tel point qu'il m'a photographiée lorsque je vérifiais, une fois de plus !, le résultat de la énième prise sur l'écran de contrôle de l'appareil icon_biggrinicon_biggrin 

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Une dernière vue de Belle et Éthan devant cette petite portion de plage publique (si petite pour un lac de 52 km de long, mais comme vous l'apercevez sur la photo plus haut, du côté québécois, il est habité sur tout son contour ; ce qui n'est d'ailleurs pas le cas sur la partie américaine de ce gigantesque lac qui est à cheval sur la frontière).

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Si la revitalisation des rives des lacs et rivières n'est pas pratiquée chez vous, je vous suggère de parler de cette loi à votre municipalité, cela pourrait peut être les intéresser.  Comment faire ? explications dans ce document : http://banderiveraine.org/wp-content/uploads/2013/07/FIHOQ_guide_2013_web_spread.pdf

Bon mercredi à toutes et tous :-)

♥♥♥

27 février 2019

Éco-logique ! Eco-logic !

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Aujourd'hui, Lea et son ami Pablo sont allés à la réunion de l'association "Ados pour le Futur" (ils ont 14 ans) où ils ont préparé leurs pancartes pour le défilé qui aura lieu pour la journée de la Terre (30 mars). Voici les slogans qu'ils ont choisi pour eux les leurs chiens.

Today, Lea and her boyfriend Pablo went to the meeting of the association "Teen for Future" (they are 14 yo) where they prepared their posters for the parade that will take place for the Earth Day (March 30). Here are the slogans they chose for them and their dogs (Eco-logic / We have only one planet / Respect our future / Save nature)

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Et si on veut rester dans la (éco) logique, je pense que c'est ce slogan qui remporte le premier prix :

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Bon jeudi :-)

♥♥♥

21 février 2019

C'est vert, et c'est beau... It's green, and it's beautiful ...

(for translation, use the button at the top right / para traducción, use el botón en la parte superior derecha)

Savez-vous ce que j'ai photographié là ?

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La nature fait de telles beautés.

Admirons les tant qu'il en est encore temps : une espèce animale et/ou végétale disparaît toutes les 20 minutes, soit 26280 espèces disparues chaque année.

 

Pour être exacte, 3741 espèces ont disparu depuis le 1er janvier 2019 2927693318   (voir ICI pour mettre à jour ce nombre selon l'heure ou le jour où vous lirez cet article).

Près d'un quart des espèces animales et/ou végétales pourrait disparaître d'ici le milieu du siècle en raison des activités humaines.

Nous sommes la première génération à voir les changements climatiques... et la dernière à pouvoir en contrer les conséquences

Bon vendredi :-)

♥♥♥

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01 septembre 2018

Le retour des papillons monarque, mais pour combien de temps ?

(for translation, use the button at the top left / para traducción, use el botón en la parte superior izquierda) 

Il y a quelques temps, notre amie photographe écolo, Léa Clarck, se désolait d'apprendre que les monarques ne venaient presque plus au Québec en raison de la disparition progressive de l'asclépiade, une plante que les québécois considéraient comme une "mauvaise herbe".

Or, le problème, c'est que cette superbe plante était indispensable à la survie du magnique grand papillon qu'est le MONARQUE.

Un biologiste chercheur de l'université de Guelph (Ontario) expliquait il y a quelques années :

  • Les papillons monarques hivernent année après année dans les mêmes boisés d’un secteur montagneux du centre du Mexique avant d’entreprendre en mars ou au début d’avril leur longue migration vers le nord-est, où les femelles pondent leurs oeufs sur les feuilles d’asclépiades et meurent ; ensuite les larves se nourrissent de la plante et se développent avant la fin août, moment où les derniers-nés entreprennent la migration de retour vers le Mexique.
  • Les chercheurs ont découvert que c’est la raréfaction des plants d’asclépiades dans les aires de reproduction du papillon qui a provoqué le déclin de la population de monarques observée dans l’est de l’Amérique du Nord, notamment à cause des céréales génétiquement modifiées (OGM) résistantes aux herbicides : quand les agriculteurs appliquent des herbicides dans leurs champs, leurs cultures ne sont pas affectées, mais toutes les autres herbes, dont les asclépiades, sont éliminées. Ce sont donc les larves des monarques qui sont affectées car elles ne trouvent plus de nourriture. 
  • Si rien n’est fait pour favoriser le retour des asclépiades, on prédit un déclin quasi total de la population de monarques dans l’est de l’Amérique du Nord. 

De fait, depuis 3 à 4 ans, je n'avais plus jamais vu de monarque voleter dans notre région.

 

Cette superbe plante a la propriété de fleurir au printemps, puis de former des grosses gousses en fin d'été, qui à l'automne, éclatent pour laisser sortir leurs graines, douillettement enveloppées dans des douces fibres qui s'envolent au vent.

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Asclépiade

 

 

Or, par chance pour les monarques, des industriels ont découvert ses fibres, douces comme de la soie, aux propriétés d'isolation incroyables : 

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certains l'ayant même appelée "l'isolant naturel du futur" : http://altitude-blog.com/fr/isolant-naturel-futur-asclepiade/ 

(voir également ICI et ICI)

 

Donc, des champs d'asclépiade ont été plantés... et notre amie Léa a eu la grande joie cette année d'en trouver qui s'étaient semées naturellement toute seules (grace au vent) dans divers endroits :

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la poupée mesurant 46 cm, cela vous donne une idée de la taille de cette plante.

Et elle a été encore plus heureuse quand elle a vu voleter depuis quelques jours de nombreux monarques dans la région, devenus adultes et tout prêts à partir migrer vers le Mexique de leurs parents dans quelques jours.

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(bien sur, c'est Léa qui a pris ces 3 photos !!!).

 

Tout cela semblerait idyllique, si une triste nouvelle n'était pas venue tout gâcher : le principal client des producteurs d'asclépiade du Québec a fait faillite (ICI) trop d'investissement pour pas assez de rapidité de rentabilité : les gens ne font pas confiance à cette fibre végétale naturelle, pourtant efficace, et bonne pour l'environnement, et préfèrent acheter des vêtements en synthétique, moins chers, dont la production déglingue encore plus notre planète.

Pauvres monarques, pauvre asclépiade, pauvre planète, et crétins d'humains...

♥♥♥