11 décembre 2019

Soleil d'automne fait la tête

Les juments, que Soleil d'automne avait offertes à Sourire tranquille pour faire sa demande en mariage, ont profité du redoux qui a fait fondre presque toute la neige (redoux anormal en cette saison) pour s'échapper et aller brouter l'herbe réapparue.

Soleil d'automne et son ami Ours debout sont allés les rattraper.

Les voici au retour.

Soleil d'automne n'est pas très content de la négligence de Sourire tranquille qui n'a pas assez surveillé ses juments.

Ours debout a du mal à ne pas sourire en imaginant la future dispute des deux amoureux car il sait que sa soeur Sourire tranquille saura vite se faire pardonner.

Pluie de printemps connait le mauvais caractère de son frère et s'inquiète de ce qu'il va dire à son amie Sourire tranquille.

Lune d'argent, elle, se dit qu'elle n'est finalement pas mécontente de ne pas encore être fiancée !

IMG_0234-1-3

Mais l'herbe n'est pas restée découverte longtemps car il s'est mis à re-neiger peu de temps après.

Bon jeudi !

♥♥♥


25 juillet 2019

Cueillette et conservation des fruits chez les amérindiens + régime alimentaire de l'ours

To translate, use the top right button (select your language)

Les plantes sauvages comestibles constituaient une part importante de la nourriture traditionnelle des amérindiens. Plus de 250 plantes étaient cueillies à des fins alimentaires (et environ 400 espèces pour la médecine traditionnelle).

Les fruits sont la partie de la plante la plus consommée bien sur, mais les noix, les jeunes pousses et les parties souterraines de certains fruitiers étaient aussi utilisés (rappelons qu’en période de disette hivernale, le lichen, l'écorce et les racines de certaines plantes étaient également prélevés et consommés).  

La cueillette des petits fruits a toujours fait partie du mode de vie traditionnel des amérindiens. La cueillette était faite par les femmes et les enfants, parfois sous la surveillance d’un jeune guerrier ; c’était l’occasion l'occasion de visiter le territoire, de renforcer ou créer des liens, et de transmettre le savoir-faire alimentaire et médicinal.

Ici, nous voyons, de gauche à droite : Soleil d'automne, le jeune guerrier de 16 ans, qui accompagne sa soeur Pluie de printemps, ainsi que Feuille dans le vent (leur jeune soeur), et Sourire tranquille (sa fiancée). Il a pris son arc et son fusil car il y a des ours dans ce secteur ; les ours ne sont pas dangereux, car ils se sauvent quand un humain s'approche, mais on ne sait jamais ce qui pourrait se passer, et il vaut mieux être prudent si ils rencontraient un vieux mâle solitaire perclus de rhumatismes (comme ils le sont souvent en vieillissant, ce qui les rend agressifs à cause de la douleur). 

Pluie de printemps et Sourire tranquille ont 15 ans ; elles connaissent parfaitement les baies comestibles, et enseignent à la jeune Feuille dans le vent (13 ans) à les reconnaitre et les cueillir correctement sans abîmer la plante mère afin qu'elle continuer à donner ses fruits.

IMG_4306-1-3

La cueillette des baies s'étendait de juillet jusqu'aux gelées.  

Elle débutait avec les fraises, suivies des framboises, de la camarine (Empetrum nigrum) ; suivie en août des bleuets, des petites poires (Amelanchier alnifolia) et de la chicouté (Rubus chamaemorus), puis en septembre et octobre, de la canneberge, le raisin d'ours (Arctostaphylos alpina), la viorne trilobée et l'airelle vigne d'Ida (Vaccinium vitis-idaea), les «graines rouges» (airelles vigne d'Ida.

Diverses méthodes de conservation étaient pratiquées :

-          les baies entières étaient laissées au soleil ou déposées sur des treillis au dessus d'un feu ; une fois déshydratées, elles étaient remisées dans des sacs de peau, ou réduites en poudre puis mélangées avec de la graisse animale.

-          les bleuets, canneberges et airelles étaient bouillis pendant deux ou trois heures pour obtenir une pâte qui était ensuite compressée en blocs qu’on faisait sécher au soleil sur des morceaux d'écorce ; les blocs étaient régulièrement retournés jusqu’à séchage complet ; une fois secs, ils étaient disposés dans un contenant d'écorce qu'on enterrait. Cette sorte de « pâte de fruits » se conservait pendant plusieurs mois ; pour la consommer, le bloc était laissé à tremper jusqu’à réhydratation.

Ces fruits séchés étaient

-          ajoutés au repas de base des amérindiens : la Sagamité (une soupe qui bouillonnait en permanence, dans laquelle étaient rajouté ce que les chasseurs et les cueilleurs rapportaient au fil des journées comme viandes, poissons, racines, graines et fruits, enrichie avec de la graisse animale, aromatisée avec des herbes, et adoucie avec de l’eau d’érable, ou du sirop d’érable).,

-          incorporés aux galettes de maïs pour leur donner du gout,

-          utilisés dans des recettes médicinales

Lors de son premier voyage en 1534, Jacques Cartier avait noté la présence de petits fruits connus en France: groseilliers blancs et rouges, fraises et framboises. Samuel de Champlain précisa également que les Amérindiens les font sécher comme «nous le faisons des pruneaux en France » et décrivit  l'utilisation des fruits séchés dans certains plats, « telle la galette de maïs et pour donner goût à leur Sagamité ». Le récollet Gabriel Sagard raconta que « les fruits séchés donnent du goût aux galettes qu'ils font cuire sous les cendres, car elles sont fort fades». 

Au bout d'un moment, Soleil d'automne se fatigue d'entendre les filles parler de sujets qui lui semblent sans intérêt... et le voilà qui ronchonne :

- non mais franchement, des ours ! comme si il y avait des ours qui supporteraient d'entendre jacasser comme ça ; si il y en a un dans ls parages, il doit avoir fui depuis longtemps !!!

Attention Soleil d'automne : il y en a pourtant un qui vous observe ! Le voyez-vous ?

IMG_4311-1

L'ours est un animal timide, mais curieux ; ils les a donc observés tranquillement.

Puis lorsqu'ils sont repartis, il est sorti pour manger des fruits à son tour. Car les ours sont friands de fruits eux aussi !

Le régime alimentaire des ours est principalement d’origine végétale : en premier lieu des feuilles tendres et de l'herbe au printemps, mais dès qu'ils sont murs,la gourmandise leur fait vite préférer les bleuets, les fraises, les baies de shépherdie, de sureau et d’amélanchier, les cerises noires et les pommes ! Ils affectionnent également les glands, les noisettes et les faînes.Ajoutons aussi certains insectes ,comme les fourmis dont ils raffolent (ils retournent des vieilles souches et des pierres pour en trouver !). Et finalement, mais en très petite quantité, leur menu comporte du poisson, des petits mammifères et des oiseaux, mais ceci représente moins de 10 %  du total de leur alimentation.

 

Retour en 2019 :j'espère que cette petite leçon de vie des amérindiens du Canada vous aura plu !

Passez un bon jeudi :-)

♥♥♥

09 mai 2019

Capture d'une jument pinto + éducation des enfants (+ fond d'écran) - Capture of a mare pinto + wallpaper

Soleil d'automne est un jeune homme maintenant. Il doit commencer à penser à son avenir.

Il est parti capturer une belle jument pinto suivie d'un poulain.

Il va patiemment la dresser, et pense offrir le poulain à Sourire tranquille quand il a demandera en mariage l'an prochain pour ses 15 ans.

IMG_0786-1-3

Ne soyez pas surpris de l'âge, les amérindiens se mettaient en couples très jeunes.

Certaines nations étaient monogames, d'autres étaient polygames. 

Certaines nations étaient patriarcales, d'autres étaient matriarcales.

Dans tous les cas, les enfants étaient le but d'une vie car ils étaient considérés comme la richesse de la tribu, c'est à dire son avenir. Ils étaient particulièrement entourés et éduqués, notammment par les aînés dont c'était une des principales occupations (c'est là l'origine des légendes amérindiennes, basées sur les animaux dotés de comportement humains, donnant ainsi des leçons aux enfants "en douceur"). Les mères et les femmes de la tribu les gardaient près d'elles jusqu'à l'âge où les garçons rejoignaient les hommes pour apprendre leurs futurs devoirs : chasse, guerre, défense de la tribu et attaque de la tribu ennemie voisine, puis étaient considérés comme homme à part entière, avec l'attribution d'un nouveau nom vers l'âge de 14 ans.

Bien que les amérindiens aient été frustres et assez primitifs (contrairement à ce qui se raconte depuis les années 70, où des rêveurs tripeux essaient de les faire passer pour des grands philosophes écologistes et ouverts à tout, ce qui est vraiment très loin de la vérité), ils avaient toutefois une sagesse que nous avons perdue : les enfants sont notre avenir, et on doit s'occuper d'eux soi-même pour leur apprendre sagesse et justice, pas s'en débarasser du matin au soir, week-ends et vacances compris, comme d'objets encombrants, en attendant que ce soit la société qui les éduque. Je repense notamment à la réflexion d'une collectionneuse de poupées américaine, professeur, qui, un soir, à écrit en gros caractères sur Facebook : "Si je suis professeur, je suis là pour apprendre à votre enfant les maths, la géographie ou la littérature, mais absolument pas pour lui apprendre à dire S'il te plait ou Merci".

Bref, pour en revenir à mes petits personnages, voici donc pourquoi le jeune Soleil d'automne pense déjà à se marier avec Sourire tranquille !

Si la photo ci-dessus vous plait, je vous l'offre en fond d'écran 1920 pixels plan large :

IMG_0786-1920à télécharger ici : IMG_0786_1920

Pour celles qui se demandent pourquoi je parle si souvent des amérindiens, je vous rappelle, si vous ne le saviez pas encore, que mon mari est métis algonquin !

Bon vendredi :-)

Bises

08 décembre 2018

Une très vieille photo + la nourriture des amérindiens en hiver - Very old photo + native winter food

(for translation, use the button at the top left / para traducción, use el botón en la parte superior izquierda)

J'ai rencontré Kaya et ses 3 amies de la tribu qui se déplaçaient avec difficulté dans la neige, accompagnées d'un groupe de chien de traineau.

Elles étaient emmitouflées dans des fourrures jetées par dessus leurs robes de peau de daim, pour tenter de lutter contre le froid.

La vie n'était pas facile durant l'hiver pour les amérindiens de la moitié nord des USA et du Canada.

Ici, une photo "d'époque" :

IMG_1431-1-old

 et ici, une version plus colorée :-)

IMG_1431-1-2

Si cela vous intéresse, voici une autre version avec un cadrage beaucoup plus large du décor et des arbres, en fond d'écran 1920 x 1080 pixels : cliquez ici  IMG_1431_1920  ou avec un angle légèrement différent, cliquez ici IMG_1439_1920

 

Savez-vous que dans la culture des amérindiens du nord, il y avait 6 saisons, et non pas 4 comme c'est la règle dans notre calendrier ? Les voici, avec les appellations de chacun des mois (pas les mois du calendrier, mais en fonction des cycles de la lune) :

La saison du grand sommeil, celle de la haute neige et des grands froids.

Janvier = Mois le plus long

Février = Mois où les pierres se fendent

La saison du réveil, avec la fonte des neige et "le temps des sucres" (récolte de l'eau d’érable).

Mars = Mois des grandes tempêtes de neige

Avril = Mois où la glace craque

La saison du renouveau, quand la neige ne recouvre plus le sol et que les oiseaux migrateurs reviennent.

Mai = Mois des feuilles

Juin = Mois des fraises

La saison de l'épanouissement, la saison de la pêche et de la cueillette.

Juillet = Mois des baies

Août = Mois des récoltes

La saison des provisions, la saison de la chasse.

Septembre = Mois du chevreuil (cerf de Virginie)

Octobre = Mois de l'orignal (élan)

La saison du l'endormissement, saison de la trappe pour la fourrure

Novembre = Mois où le silence se fait

Décembre = Mois des temps long

Et je vous confirme que cela correspond vraiment à ce que nous vivons ici, je suis entièrement d'accord avec leur découpage en 6 saisons.

Comment survivaient-ils à ces hivers ?

Durant la belle saison, ils tentaient de faire des réserves de vivres et fourrures suffisantes pour passer à travers de 5 à 6 longs mois d’hivers rigoureux, tant pour la nourriture que pour les couvertures pour se protéger du froid.

Ils faisaient des provisions de poissons et viande que les hommes chassaient et pêchaient, et que les femmes dépeçaient, puis fumaient ou séchaient. La viande séchée était aussi souvent conservée dans la graisse. Elles conservaient les peaux qu'elles tannaient, ainsi que les tendons qu'elles effilaient et les os qu'elles nettoyaient afin que les hommes les travaillent pour en faire couteaux et objets divers.

Les femmes et les enfants ceuillaient les fruits et les baies, ainsi que des plantes racines, puis les séchaient. Ils ramassaient aussi les noix de pin (pignons) qu'ils conservaient en creusant des trous où ils les enfouissaient pour éviter qu’elles ne gèlent trop (la terre peut geler jusqu'à 80 cm de profondeur dans ma région, et pourtant je suis tout au sud du Canada !).

Quand ils la mangeaient fraiche, durant la belle saison, la viande comme l’ours, le lièvre,la perdrix, l'écureuil, le porc-épic, la marmotte, etc, était rôtie ou préparée dehors, en un ragoût collectif qui était "rallongé" à chaque fois qu'un chasseur du clan rapportait une nouvelle viande quelconque à rajouter dans la marmite, on rajoutait alors de l'eau et des racines sauvages (carottes, etc). 

Durant la mauvaise saison, ces provisions étaient consommées à nouveau sous forme de ragout confectionnés sur le feu dans le centre du tipi, avec le poisson et la viande séchés dans la graisse, ou fumée ; ragout qu'on rallongeait sans cesse en faisant fondre de la neige et en rajoutant du poisson, de la viande, des fruits et racines séchés.

Ils donnaient du gout à leur nourriture en ajoutant des herbes sauvages comme l'ail des bois et la menthe sauvage, mais aussi les baies de genévrier et les fruits séchés. Ils brûlaient également certaines feuilles afin d’obtenir une cendre au gout un peu salé.

Les fruits séchés et les noix servaient de coupe-faim car il fallait économiser la nourriture dans la mesure où on ne sait jamais si le printemps sera précoce où tardif, même parfois très tardif.

Bien sur l'espérance de vie n'était pas longue (environ 40 ans lors de l'arrivée de blancs), et les carences diverses dues à cette alimentation limitée et à l'hivernage provoquait de nombreux problèmes (dents, etc).... sans compter les tueries perpétuelles entre tribus.

La vie était donc vraiment rude pour les amérindiens... rien à voir avec l'idéalisation des films, romans et fausses histoires et légendes qui se propagent sur le net. 

Peut être l'ignoriez-vous, mais il y a de la neige un peu partout en amérique du nord durant l'hiver... bien sur, au Canada, mais voici une carte où vous verrez tous les endroits où il tombe de la neige aux USA, avec les mois des premières chutes :

ScreenShot01023

 

 

Curieusement, les états qui n'ont que très rarement de la neige (en brun) sont en partie ceux qui ont fait sécession lors de la guerre du même nom... bizarre !

Une dernière image pour clore ce message :

native-americans-winter

Bon samedi :-)

♥♥♥