14 janvier 2020

Parle avec le vent raconte la légende de la queue du Lapin

Cette fin d'après-midi, Pluie de printemps et sa grand-mère Parle avec le vent revenaient de soigner un malade dans un tipi du village.

Pluie de printemps a beau avoir 15 ans, elle aime toujours autant quand sa grand-mère lui raconte les légendes traditionnelles qu'elle lui contait dans son enfance (c'est ainsi que les aînés éduquaient les enfants amérindiens : au travers des légendes des animaux).

Et pour oublier leur longue marche dans le froid, elle demande à Parle avec le vent de lui raconter encore une fois pourquoi les lapins ont la queue si courte.

Glissons-nous derrière elles, et écoutons les discrètement...

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Parle avec le vent sourit, et commence à raconter :

À l'époque où le monde était jeune, Lapin avait une très longue queue touffue. En fait, sa queue était plus longue et plus touffue que la queue de Renard. 

Lapin était très fier de sa queue et il racontait constamment à tous les autres animaux à quel point sa queue était belle.

Un jour, Renard est devenu si fatigué d'entendre Lapin se vanter de sa queue qu'il a décidé de mettre un terme à la vantardise de Lapin une fois pour toutes.

Il attendit que le temps devienne si froid que les eaux du lac et des rivières gèlent. 

Alors, Renard descendit au lac avec quatre superbes gros poissons. Arrivé au lac, il fit un trou dans la glace, attacha les quatre poissons à sa queue, puis s'assit et attendit que Lapin vienne.

Lorsque Renard le vit arriver, il a laissa rapidement tomber sa queue dans l'eau froide.

Lapin sauta en quelques bonds légers jusqu'à Renard et lui demanda : "Qu'est-ce que tu fais ?"

"Je pêche, Lapin", répondit Renard.

"Avec ta queue ?" s’exclaffa Lapin !

"Oh oui, c'est la meilleure façon d'attraper le plus de poisson", dit Renard d’un air de confidence.

Perplexe, Lapin dit: "Depuis combien de temps pêches-tu ?"

Renard mentit et dit: "Oh, seulement une quinzaine de minutes."

"Ah ! et as-tu déjà attrapé du poisson ?" demanda Lapin d’un ton de doute.

Renard releva sa queue et montra les quatre gros poissons accrochés dessus.

"Wow ! et que comptes-tu faire avec ce poisson ?" s’enquit Lapin.

Renard expliqua : "Eh bien, je pense que je vais venir pêcher de temps en temps pendant environ une semaine. Ensuite, je vais emmener tous ces poissons au village voisin et les échanger contre un beau peigne à queue. Il n’en reste plus qu’un seul chez celui qui sait les faire, et je le veux vraiment pour peigner ma superbe queue".

Lapin pensa : "Si je pêchais toute la nuit entière, je parie que j'aurais assez de poisson demain matin pour faire du commerce au village avant Renard. Ensuite, je pourrais avoir moi-même ce peigne de queue. J’en ai plus besoin que lui parce que ma queue est bien plus belle et touffue que la sienne !"

Renard se leva : "Il se fait tard et j'ai froid. Je pense que je reviendrai peut-être pêcher un peu plus demain matin. A bientôt, Lapin." 

Et Renard partit.

Dès qu’il fut hors de vue, Lapin laissa tomber sa queue dans l'eau glacée du lac. 

Brrrrr, c’était froid ! 

Mais Lapin se ressaisit et se dit : "Oh, non. Je veux ce peigne de queue plus que tout au monde, je dois supporter le froid pour pêcher plein de poissons." 

Il s’assit donc sur le trou, avec la queue plongée dans la glace et essaya de "pêcher" toute la nuit.

Le lendemain, juste après que le soleil se soit levé, Renard revint. 

Il dit: "Qu'est-ce que tu fais là, Lapin?" 

Lapin répondit en claquant des dents : "Je pppppêêêchhhhe, Rennnnaarrd."

 "As-tu attrapé du poisson?" s'enquit Renard. 

"Nnnnonn ! les ppppoissoooons ne vvvviennent ppppeut-être pppppas la nnnnnuit.’ répondit Lapin.

Il voulu se lever, mais il ne pouvait pas bouger. 

"Reeennnaaaard, tu pppeux m’aaaaider ?" demanda-t-il.

Renard, avec un grand sourire sur son visage, se mit derrière Lapin, et le poussa tellement énergiquement que Lapin sortit du trou et atterrit de l'autre côté du lac (c'était un tout petit lac).

Mais sa belle queue avait gelé, et elle avait cassé en restant coincée dans l'eau gelée.

Et c'est pourquoi à partir de ce jour, Lapin a eu désormais une queue très courte et que les hommes ne le chassent plus pour sa fourrure mais pour sa viande.

Ce fut sa punition pour avoir été orgueilleux et envieux.

Mais comme le Grand-Esprit est équitable, et que Renard avait malgré tout joué un très mauvais tour à Lapin, à partir de ce jour, les hommes remarquèrent la belle queue de Renard et se mirent à le chasser pour sa fourrure.

 

Bon mardi :-)

♥♥♥

 

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11 janvier 2020

Raquettes dans la neige

Marianne Ducrou et Louis-Waban Blackburn sont passionnés par la faune et la flore sauvage.

Été comme hiver, ces deux étudiants en BEE* de l'université de Sherbrooke ne ratent pas une occasion d'aller observer la nature.

Je les ai aperçus aujourd'hui, se dirigeant en raquettes vers le repaire d'un faucon pélerin pour scruter son comportement en hiver.

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* BEE = https://www.usherbrooke.ca/admission/programme/281/baccalaureat-en-etudes-de-lenvironnement/

 

Si ça vous intéresse, voici une photo format wallpaper 1920 pixels (en plan beaucoup plus large), à voir en grand format ou à télécharger, ici : IMG_0839_1920

 

Ils ont bien fait de sortir aujourd'hui car on nous annonce une vraie catastrophe pour ce WE  : une tempête de verglas qui pourrait potentiellement être aussi grave que celle qui a paralysé le QC pendant 2 semaines en 1998 
(pour les curieuses, voir ce lien : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1076279/crise-verglas-montreal-quebec-vingt-ans-electricite-froid-hydro-crise-catastrophe-naturelle ) 

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Donc ( sauf si le vent tourne et envoie le verglas un peu plus loin que prévu et minimise la quantité qui tombera, et je croise les doigts pour ça), je ne suis pas certaine d'avoir du courant, donc pas d'ordi... La dernière fois, c'était en décembre 2013 : 4 jours sans courant, et sans internet, dur dur !

Alors je vous souhaite dès maintenant de passer un excellent week-end !

♥♥♥

 

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08 janvier 2020

Soleil de minuit pour Soleil d'automne

Soleil d'automne est le nom de ce jeune amérindien qui fait courir ses chiens dans la lueur boréale de notre soleil hivernal.

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Ce n'est pas un "soleil de minuit" : il était 15 h 03 lorsque j'ai pris cette photo.

Bon jeudi :-)

♥♥♥

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25 décembre 2019

Ma tribu amérindienne, et le pouvoir des femmes

Je ne vous ai pas encore présenté tous les membres du clan Miskwaadesi, de la tribu des  Minode'e.

Miskwaadesi veut dire Tortue peinte, et Minode'e veut dire gentil, et/ou généreux, dans la lange anishinaabemowin, ou plus simplement en ojibwe, une langue algonquienne qui a survécu, et qui est quasiment identique à l'algonquin que parlait la famille de mon mari autrefois (avant l'intégration forcée dont je parlerai bientot).

Voici donc les membres du clan, que vous retrouverez au fil du temps dans diverses aventures, vous faisant ainsi découvrir mode de vie, rites, traditiones et légendes de ce monde qui fait souvent rêver, parfois à tort, et parfois à raison. 

Notez bien que ce clan et cette tribu sont purement imaginaires, de manière volontaire, car cela va me permettre de vous raconter certaines pratiques traditionnelles de diverses nations amérindienne d'Amérique du nord, mais sans mettre aucune nation en cause quand ces pratiques ne seront pas obligatoirement plaisantes pour notre regard d'occidentaux du XXIe sièce .

 

Commençons d'abord par Parle avec le vent, c'est la Midew de la tribu, c'est à dire une femme médecine, entre guérisseur et guide spirituel. Elle est la mère de Étoile du Matin, et la grand-mère de Soleil d'automne et de Pluie de printemps.

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Étoile du matin, 30 ans. Femme tranquille, mais ferme et décidée. Fille de Parle avec le vent, mère de Pluie de printemps et Soleil d'automne, mère adoptive de Lumière lointaine. Elle est sage-femme, celle qu'on appelle pour les naissances.

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Pluie de printemps a 15 ans, elle est calme, observatrice, mais assez impatiente, ce qui lui joue parfois quelques tours. Elle a des vues sur l'ami de son frère, Ours debout, qui lui plait bien.

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Soleil d'automne a 16 ans, c'est un jeune brave, mais il est très posé, sage et calme.

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Il est fiancé avec Sourire tranquille, 15 ans, une demoiselle au caractère taquin, et un peu tête en l'air.

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Ours debout, est le meilleur ami de Soleil d'automne.

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Cheval fougueux est le frère aîné de  Ours debout ; c'est un jeune guerrier impulsif .

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Lune d'argent est la soeur aînée de  Sourire tranquille et l'amie de Étoile du matin ; elle est l'épouse de Cheval fougueux. Elle a une fille, nommee Deux plumes blanches. 

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Lumière lointaine a été rapportée par les guerriers quand elle était bébé, trouvée pataugeant dans la rivière, auprès du corps de sa mère, à la suite à une bataille inter-tribale. Elle a été adoptée par Étoile du matin. Elle est un peu "attardée" et très entourée par la tribu car les amérindiens attribuaient beaucoup de respect aux personnes handicapées.

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Comme la plupart des peuples amerindiens du nord de l'Amerique du nord, comme le Canada, par exemple les Iroquois (dont je décris les réelles traditions ci-dessous), notre tribu des Minode'e est essentiellement matriarcale.

Au temps des premiers contacts (autour de 1650), la femme occupait une position sociale très enviable si on la compare aux sociétés occidentales de nos jours.

La fonction procréatrice y est valorisée et les mères exercent une forte autorité sur leurs filles et fils.

La femme occupe une place centrale dans le discours religieux, ses connaissances en matière médicale sont reconnues et elle détient souvent un droit de vie ou de mort sur les prisonniers de guerre.

La terre est propriété des femmes.

Elles ont un droit de véto sur toutes les décisions des hommes. 

Ce rôle leur donnait même le pouvoir d’inciter les chefs de guerre à organiser des expéditions pour venger la mort des membres de leur famille.

La descendance se fait par le lien maternel. 

L’usage d’un objet entraînant sa possession chez les nations amerindiennes, la mère, qui a charge de la demeure et de ses provisions, est maîtresse du tipi et de ce qu’il renferme ; l’homme ne possède que ses armes et ses instruments de pêche et de chasse.

Les enfants appartiennent à la mère, qui les a engendrés, nourris, élevés et logés.

La fille ainee, lorsqu’elle se marie, ne quitte pas le tipi maternel ; le mari est un hôte, qui doit lui procurer des vivres.

Le foyer servant à la préparation des aliments est propriété de la mère et devient celle de sa fille aînée, quand elle meurt. 

Les matrones du clan contrôlaient la répartition de la nourriture et des autres marchandises qui assurent le bien-être du groupe.

Une précision importante : toutes les nations amérindiennes n'étaient pas de régime matriarcal comme les Iroquois, loin s'en faut. Dans beaucoup de nations, la femme était un objet qui pouvait être vendu ou échangé, et plusieurs nations était polygames.

Mais pour ce qui concerne le clan de Parle avec le vent,  c'est bien ce régime matriarcal qui s'applique. Voilà pourquoi Soleil d'automne a proposé le mariage à Sourire tranquille en lui offrant deux chevaux (ceux qui s'étaient échappés ICI ) qui deviendront sa propriété à elle exclusivement.

Pour en revenir à ce principe matriarcal, il est à regretter qu'il ait volé en éclat lorsque les blancs et la religion ont pris le contrôle des nations amérindiennes du nord, les obligeant à devenir patriarcales comme cela se faisait dans les pays colonisateurs venus d'Europe.

Bon jeudi :-)

♥♥

 

 

 

19 décembre 2019

Je vous présente : Parle avec le vent (par -30° !)

Je vous présente la grand-mère de Pluie de printemps (Spring rain) et de Soleil d'automne (Autumn sun).

Son nom est Parle avec le vent (Speaks with the wind), du clan de la Tortue.

Dans sa tribu, c'est une midew très respectée, c'est à dire une femme médecine..

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Un homme médecine, ou une femme médecine, est un guérisseur traditionnel et un guide spirituel dans une communauté autochtone (apprellation canadienne correspondant au terme "native" utilisé aux USA pour parler des amérindiens). 

Les différentes nations autochtones ont chacune leurs propres mots pour désigner ces personnes, dans leurs langues respectives (nombreuses comme je vous l'ai montré il y a quelques jours !), pour nommer les personnes médecine..
Or, "ma" tribu amérindienne vit ici, dans le nord de la Nouvelle Angleterre américaine, et à l'ouest des provinces maritimes canadiennes, et ici, le terme pour parler de ce qui entoure les cérémonies et rituels de guérison est Midewiwin.  

Ses pratiquand sont appelés Midew, et les pratiques du Midewiwin sont appelées Mide. Le mot Mide peut être traduit par mystère, spirituel, sanctifié sacré ou même cérémoniel, selon le contexte de l'utilisation du mot. Il a souvent été traduit en anglais par medicine, d'où désormais le terme homme médecine ou femme médecine qui est employé, bien que Mide transmette l'idée d'une médecine spirituelle, contrairement à Mashkiki qui véhicule l'idée d'une médecine physique.

Parle avec le vent, est donc à la fois un guide spirituel et une guérisseuse. car elle pratique le mide dans les Andaa'iwewin (cérémonies traditionnelles), et le mashkiki (médecine traditionnelle, par les plantes, entre autres).

 

Quelques clics sur Corel Paint Shop Pro (la version 2020 est un régal de rapidité), et voici une autre version de cette pĥoto ; qu'en pensez-vous ? je crois que j'aime mieux la version classique précédente, même si celle-ci est plus originale :

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Maintenant, pour l'anecdote :

Pour aller prendre ces photos, j'ai presque du m'emmitoufler dans des peaux de bison ou de loup moi aussi ! en effet, voici la température ce matin à 10 h :

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mais ça s'est réchauffé : regardez, à 13 h, nous n'avions plus qu'un ressenti de -30° au lieu de -32 comme ce matin !! 1051737111

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Comme j'ai cru comprendre que plusieurs d'entre vous les appréciait, je vous offre un nouveau fond d'écran grand format 1920 pixels, à voir pour le plaisir des détails, où à télécharger, :

IMG_0368-1920 ici : IMG_0368_1920 

IMG_0366-1920ici : IMG_0366_1920

(n'ayez pas peur, le froid n'est pas en pièce jointe avec la photo !).

 

Bon vendredi à tous :-)

♥♥♥


14 décembre 2019

Lune d'argent et son berceau/porte-bébé amérindien

Lune d'argent est heureuse : IMG_0258-1

 Elle aime aller dans la forêt en emportant dans son dos le plus précieux des fardeaux : sa fille, Deux plumes blanches,

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...sous la surveillance de ses fidèles chiens qui savent éloigner les loups lorsque le hibou les alerte.

 Parfois, elle s'arrête pour se reposer un peu, et admirer son enfant.

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J'ai fabriqué ce berceau-porte bébé amérindien avec un tissu qui ne s'effiloche pas en coupant les franges, des lacets de suède et une bande de fausse fourrure.

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Cette manière de transporter les petits enfants dans des "cradle board" (littéralement, des planches berceaux) étaient commune à la plupart des tribus amérindiennes.

Les jeunes enfants étaient emmaillotés dans du tissu, puis étendus sur un épais coussin de matière végétale douce et souple (et de fourrure en hiver), et attachés en toute sécurité sur la planche. 

Le système d'attache était simple, mais efficace et sécuritaire, et surtout rapide à mettre  en place ou à retirer, notamment pour permettre le change rapide des linges de bébés.

Cette fixation empêchait le mouvement des bras et des jambes, ce qui imitait la sensation d'être tenu dans les bras. On pourrait penser que le bébés n'aimaient pas cela, et pourtant c'est tout le contraire : la sensation d'être maintenu est rassurante pour un bébé et lui apporte calme et sécurité.

Les bébés plus âgés avaient les mains libres afin qu'ils puissent jouer ou sucer un objet.

Devenus assez costauds pour ramper et marcher, ils étaient autorisés à jouer sur le sol pendant de courtes périodes, sous la supervision d'un parent ou d'un membre du clan familial (généralement les grands-parents, oncles et tantes). Ils retournaient ensuite dans leur berceau où ils étaient de nouveau attachés.

Les enfants passaient ainsi la majorité de leurs deux premières années de vie dans ces berceaux, d'où ils étaient enlevés seulement pendant de courtes périodes.

Ces berceaux remplissaient le rôle de porte-bébé, de lit et de "poussette", car il pouvait être transporté sur le dos de la mère, ou dans ses bras,  il pouvait être calé sur le sol de manière plus ou moins inclinée, comme une chaise bébé, ou encore attaché à un traîneau,  à un travois à chien, ou suspendu sur le côté d'un cheval, pour les longs trajets..

Avec ce principe, non seulement l'enfant étant en sécurité, mais les mères étaient libres d'effectuer les tâches quotidiennes, soit avec le berceau attaché sur le dos, soit appuyé contre un objet stable auprès d'elle. Cela permettait à l'enfant d'apprendre la patience, de se socialiser avec le groupe (car il découvrait toute la vie communautaire en observant autour de lui), et d'être facilement accessible s'il avait besoin d'être nourri ou changé.

Est-ce cette manière de faire qui a amené les premiers explorateurs et missionnaires à écrire, dans leurs carnets de voyages et courriers divers, qu'ils étaient surpris de voir que les bébés et jeunes enfants amérindiens ne pleuraient presque jamais ? peut être bien, car c'est une mode d'éducation très rassurant pour les enfants qui ne se sentaient jamais abandonnés, tout en étant strictement encadrés. 

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Passez un bon dimanche :-)

♥♥♥

PS : Une précision : je lis souvent le mot "papoose" utilisé pour parler d'un bébé amérindien, or le mot papoose est de l'algonquin (ou Anishinaabeg, la nation d'une partie de la famille de mon mari), une langue de la famille algique (algonquine), il ne s'applique donc qu'aux bébés des nations algonquiennes utiilisant les langues algiques, les Kitchesipirinis (que vous voyez en doré rayé ci-dessous). 

Du reste, lorsque que quelqu'un vous dira maintenant : "ça se dit comme ça en amérindien", je vous conseille de sourire gentiment, et de lui demander dans quelle langue de quelle nation ? .......... car, voici le nombre de langues amérindiennes parlées en Amérique du nord, 

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CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=231835

11 décembre 2019

Soleil d'automne fait la tête

Les juments, que Soleil d'automne avait offertes à Sourire tranquille pour faire sa demande en mariage, ont profité du redoux qui a fait fondre presque toute la neige (redoux anormal en cette saison) pour s'échapper et aller brouter l'herbe réapparue.

Soleil d'automne et son ami Ours debout sont allés les rattraper.

Les voici au retour.

Soleil d'automne n'est pas très content de la négligence de Sourire tranquille qui n'a pas assez surveillé ses juments.

Ours debout a du mal à ne pas sourire en imaginant la future dispute des deux amoureux car il sait que sa soeur Sourire tranquille saura vite se faire pardonner.

Pluie de printemps connait le mauvais caractère de son frère et s'inquiète de ce qu'il va dire à son amie Sourire tranquille.

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Mais l'herbe n'est pas restée découverte longtemps car il s'est mis à re-neiger peu de temps après.

Bon jeudi !

♥♥♥

15 novembre 2019

Chiens paresseux et températures fraîches

Ce soir, Soleil d'automne ronchonnait :

- il est temps de ressortir le traineau pour l'hiver, mais on va devoir entrainer les chiens parce qu'ils sont devenus paresseux pendant l'été, s'est-il écrié !

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Je sais qu'en voyant la teinte bleutée, vous vous direz qu'il n'a pas l'air de faire chaud en cette fin d'après-midi.

et bien vous aurez raison !

Quand il fait de telles températures à 13 h 55 :

scree822 il ne peut pas faire très chaud à 16 h 15,  heure à laquelle la photo a été prise,  quand la lumière commence à baisser !

C'est pourquoi mes petits amérindiens sont emmitouflés dans de chaudes fourrures, de la tête aux pieds.

J'ai vu qu'il y a de la neige sur certaines régions de France également, alors bon courage à celles qui sont concernées ; restez au chaud, et ne sortez que si c'est vraiment nécessaire.

Bon vendredi :-)

♥♥♥

N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire ci-dessous, le le lirai avec le plus grand plaisir  (NB : je répondrai à toutes questions que vous poserez, demandes de précision, etc). 

12 décembre 2018

Le meilleur ami de la femme ????? ou presque...

(for translation, use the button at the top left / para traducción, use el botón en la parte superior izquierda)

Avant l'arrivée des blancs, le seul animal domestiqué de l’Amérique du Nord était le chien. Cet animal avait accompagné les premiers asiatiques qui ont traversé depuis la Sibérie par le détroit de Bering à la fin de la dernière glaciation, il y a 16 500 à 13 000 ans, pour s'installer ensuite dans les deux Amériques, devenant le peuple Amérindien. 

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Pour comprendre ce qui suit, on se rappellera que les chevaux n'étaient présents que dans les tribus de l'extrème sud des USA. En effet, le cheval n'étant pas originaire d'Amérique, mais introduit par les conquistadors lors de leur conquête en Amérique du sud, les chevaux ne sont arrivés en Amérique du nord que très tard, et sont restés cantonnés aux endroits occupés par les Espagnols. Quelques uns de ces chevaux s'échappaient, c'est ce qui a donné les fameux Mustangs sauvages dans les montagnes Rocheuses. 

Selon les premiers colons, les chiens qui se trouvaient dans les campements indiens, bien que différents en taille et couleurs, avaient les caractéristiques communes suivantes : ils hurlaient plus qu’ils ne jappaient, leurs oreilles étaient courtes et droites, et ceux du nord étaient pourvus d’une très épaisse fourrure. 

Ces chiens étaient indispensables à la vie des Amérindiens : comme traqueur pour débusquer les animaux pour la chasse, pour repérer les ours, les loups, carcajous et autres animaux dangereux, mais aussi pour servir de nourriture en temps de pénurie de viande et utiliser leur fourrure. 

Mais ils ne les utilisaient pas comme chiens de traits.

Apparemment, il n'y avaient tout simplement pas pensé.

Porter et tirer les objets lourds, c'était....... le travail des femmes

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Curieusement, et contrairement à ce qu'on imaginerait, cette pratique du chien de trait (tirant un travois ou un traîneau) a été introduite par les Européens avec leurs propres chiens (principalement des dogues, selon le naturaliste Louis Nicolas, 1634-1664 ; voir ICI) !

Ce sont en effet les premiers colons, autant anglais sur le territoire américain, que français au Canada, qui, en l’absence prolongée de chevaux et de carrioles, toujours promis par les officiels du roi, mais n'arrivant pas souvent, charriaient leur bois, leur eau et leurs provisions sur des traîneaux et des travois qu'ils faisaient tirer par leurs chiens. 

Pour qui ne sait pas ce qu'est un travois, voici de quoi il s'agit :

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Les Amérindiens, admiratifs de cette pratique, se mirent à dresser leurs chiens et à se fabriquer travois et traineaux.

En conséquence, cela libéra les femmes amérindiennes du port des fardeaux ! 

Ou tout au moins partiellement........

..... car en 1724, le commandant Bourgmont décrit dans un rapport à ses supérieurs la migration de printemps de 600 indiens adultes et leurs enfants près de la rivière Missouri, accompagnés de près de 300 chiens attelés à des travois, traînant chacun pour environ trois cents livres de peaux pour leurs tipis et tous autres ustensiles nécessaires à l'installation du nouveau campement d'été. Mais dans le même rapport, rédigé avec toute la rigueur et le sérieux militaire nécessaires, le Cdt Bourgmont, sans doute galant, s’étonnait également des charges que portaient les femmes sur leur dos.

Je crois que les mauvaises habitudes machistes ont la vie dure, quelque soit le peuple ou l'époque.

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Mais à la maison, pas de machisme autorisé.... et on voit ci-dessous le frère de Kaya la transporter en traineau à chiens, chaudement couverte par des fourrures.

Bien sur, on a plusieurs époques, le sépia pour les annés 1920, le noir et blanc pour les années 60, et la couleurs pour plus récent !

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Bonne journée

♥♥♥

08 mai 2018

Fleurs et traditions amérindiennes : la Trille rouge et l'Érythrone des sous-bois

(for translation, use the button at the top left / para traducción, use el botón en la parte superior izquierda)

Lea s'est inscrite à un club de photo où elle a rencontré une nouvelle amie : Gabriella McBride. Cette dernière est aussi passionnée de photos de nature que Léa, qui l'a aussitôt invitée à se joindre à elle quand Callie l'amérindienne l'emmène découvrir la nature du pays de ses ancêtres.

Aujourd'hui, Callie les a donc emmenées toutes les deux dans le parc national où elle leur a montré les 2 premières fleurs des sous bois au printemps : la trille rouge et l'érythrone d'amérique.

Tout d'abord, elle leur a fait découvrir la trille rouge

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Elle leur a expliqué qu'en médecine traditionnelle amérindienne, la trille rouge était utilisée pour les "problèmes féminins" ; en effet, ses ancêtres l'utilisaient en tisane pour aider lors des accouchements, mais aussi pour traiter les désordres menstruels. Toutefois, la tille dégageant une odeur très nauséabonde, la tisane ne devait pas être très agréable à consommer !

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Ensuite, elle leur a montré l'érythrone d'Amérique.

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Cette plante à l'allure timide est un exemple de patience, leur a-t-elle expliqué, car elle ne fleurit qu'au bout de 10 ans ! les 9 premières années elle se contente de faire pousser des feuilles, sans aucune fleur. Ce qui est curieux, c'est que les plantes à deux feuilles feront une fleur, alors que les plantes à une seule feuille seront stériles.

Cette plante avait deux usages, ajoute Callie, comestible, et thérapeutique.

Comestible car les amérindiens en mangeaient les feuilles bouillies, comme un légume reconstituant, mais aussi aussi les bulbes, qui sont sucrés et très nourrissants ; toutefois, il ne fallait pas trop en manger à la fois, car, consommés en excès, ces bulbes deviennent un vomitif très efficace !

Thérapeutique car ce même bulbe était utilisé contre les maux de poitrine ; de plus les feuilles fraiches étaient placées en cataplasme sur les enflures et ulcérations de la peau.

À noter qu'on a découvert depuis que la jolie et timide érythrone contenait bel et bien une susbstance antibiotique.

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Pour terminer, voici un portrait des 3 amies qui vous saluent et vous disent "à la prochaine" !

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Gabriella McBride est une poupée American Girl ,de l'année 2017. Lea Clark est également une poupée American Girl, de l'année 2016. Callie est une poupée Journey Girls.

Dans les sous-bois, les filles ont aussi vu le renouveau des fougères et plantes diverses, entendu des oiseaux chanter, et l'eau des ruisseaux couler. 

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Bientôt la cime des arbres se couvrira de feuilles. C'est si beau le printemps, si chargé d'espoir. 

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♥♥♥