18 mai 2020

Retour vers le passé amérindien

Naomie est passionnée par l'histoire de sa famille amérindienne.

Aujourd'hui, elle a emmené sa petite soeur Tessie se promener sur un ancien site de leurs ancêtres.

Elle lui explique que les pissenlits n'étaient pas originaires d'Amérique du Nord, et qu'ils ont été importés d'Europe par les conquistadors dans les années 1600, et se sont rapidement répandus sur tout le continent ; et que les amérindiens ont vite découvert l'intérêt de cette plante, en plus de l'apprendre des blancs avec lesquels certaines tribus étaient déjà en contact.

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Elle lui raconte comment les femmes récoltaitent des pissenlits, pour manger feuilles, fleurs et racines, mais surtout pour leur propriétés médicinales, parce qu'une décoction de feuilles de pissenlit était un tonique dépuratif puissant, bien utile au printemps, quand tout le monde était épuisé du froid hivernal et des privations de nourriture fraiche. Mais aussi parce que des décoctions de racines guérissaient de l'enflure (rétention d'eau avec des problèmes de reins), et des problèmes de digestions. Cela nettoyait aussi le corps et faisait disparaitre les furoncles, d'ailleurs, les femmes disaient même que cela guérissait les boutons du visage des jeunes gens (acné) !

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Au printemps, quand les pissenlits sont tendres et les fleurs les plus belles, les femmes partaient en récolter avec les racines, et il y avait toujours un jeune guerrier avec elles pour les protéger.

Elle connait les noms et l'histoire de sa famille, car ils étaient mentionnés dans les registres quand les blancs les ont enfermés dans la réserve, mais leur ont accordé le droit d'élever et dresser des chevaux, ce que la famille de Naomie fait toujours d'ailleurs.

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Naomie dit à sa soeur de fermer les yeux, et d'imaginer leurs ancêtres sur cet endroit, par une belle journée ensoleillée comme aujourdhui.... 

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Elle lui parle de Lumière du matin, la mère, et sa fille Pluie de printemps,

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et aussi de son fils, Soleil d'automne qui est fiancé avec Sourire tranquille,

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et sa meilleure amie, Lune d'argent qui est élève de Parle avec le vent, leur Grand-Mère, la femme médecinede la tribu.

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Lune d'argent sera sans doute la future midev, la femme médecine, car Parle avec le vent transmet tout son savoir à cette jeune femme qui la respecte tant et en qui elle a toute confiance.

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- Les vois-tu dans ton esprit ? demande-t-elle à sa petite soeur.

- Oui, répond Tessie, j'ai l'impression qu'ils sont tous là, autour, et qu'ils veillent sur nous.

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Si la première photo vous plait, je vous l'offre en grand format plan large, pour votre écran d'ordinateur, ou simplement pour la regarder en détails, à voir ou télécharger ici : IMG_2940__1920

Bon lundi :-)

♥♥♥

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03 avril 2020

Discussions de femmes

Tôt ce matin, comme la chute de neige d'hier n'a pas franchi le couvert des arbres, notre petit groupe de femmes est allé faire un tour dans la forêt.  

Il y avait l'aînée, Parle avec le vent, sa fille Lumière du matin, et sa petite fille Pluie de printemps. Il y avait aussi l'amie de Lumière du matin, la belle Lune d'argent, avec sur son dos son bébé, Deux plumes blanches, ainsi que sa jeune soeur Sourire tranquille.

Elles voulaient revoir l'emplacement du camp d'été pour évaluer les dégâts de l'hiver, et vérifier si l'emplacement estival des tipis était toujours en bon état.

De retour de cette marche de plusieurs kilomètres à travers bois, Lune d'argent a voulu faire une halte.

- Wow, ma petite Deux plumes blanches pèse de plus en plus lourd dans mon dos, dit-elle en s'asseyant pesamment sur une souche.

- Oui, c'est certain, elle grandit, mais tu commence à avoir un contre-poids devant toi, ça s'équilibre, lui répond sa soeur Sourire tranquille en plaisantant.

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Lumière du matin regarde son amie Lune d'argent et lui demande :

- Tu es à nouveau enceinte ?

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- Oui, confirme Lune d'argent, pourtant Cheval fougueux n'est pas souvent rentré au camp cet hiver.

Parle avec le vent, la taquine :

- Il me semble bien qu'il suffit d'une seule visite ! lui dit-elle.

Elles éclatent toutes de rire. Une naissance est toujours une bénédiction dans une tribu, et cette nouvelle les réjouit.

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- J'ai hâte d'être unie à Soleil d'automne, soupire Sourire tranquille, je voudrais avoir mon propre tipi comme toi ma soeur, et j'espère avoir beaucoup d'enfants.

Sur la gauche, Pluie de printemps ne dit rien. Elle se demande si Ours debout va vraiment lui proposer une union comme elle l'espère , ou si il ressent seulement de l'amitié pour elle.

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Après un petit moment de repos et de bavardages typiquement féminins, elles sont rentrées au camp et ont retrouvé leurs activités habituelles de l'hiver : le tannage des peaux des animaux trappés par leurs hommes, la cuisine, les enfants, et tout ce qui représente leur quotidien hivernal, en attendant le grand départ pour le camp d'été.

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Si la photo ci-dessous vous plait, je vous l'offre en format wallpaper 1920 pixels, à regarder en détail en grand format, ou à télécharger, ici : IMG_2240_1920

Bon samedi :-)

♥♥♥

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23 février 2020

La médecine traditionnelle amérindienne - 1 : le sac medecine ou medicine bag

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Au 17e siècle, Jacques Cartier et Samuel de Champlain mentionnaient dans leurs écrits "la bonne santé apparente et l'absence de difformités congénitales chez les sauvages de la Nouvelle France".

Et il est vrai que maux typiques de l’époque en Europe étaient inexistants ici.  Ça n’a pas duré …

Les amérindiens n’étant pas immunisés contre les nouvelles maladies importées d’Europe, ils se mirent à tomber comme des mouches ; par exemple, un simple rhume de cerveau les affectait tellement que certains en mouraient.

Puis au 17e siècle, la syphilis et la petite vérole se répandit parmi eux ; ce furent les maladies les plus mortelles chez les indiens.

Finalement, la tuberculose vint s’ajouter et fit encore de terribles ravages dans les réserves… jusqu’au 20e siècle inclus. Du reste, actuellement, alors que cette maladie est à peu près inexistante chez les non-autochtones, les Inuit et les amérindiens en souffrent encore :-(

Comme je vous l’avais expliqué ICI  en vous présentant Parle avec le vent, les midew- wi-ninis (ou midew) associaient souvent les rites cérémoniels du Mide, c'est-à-dire les pratiques de guérison spirituelle, avec l'emploi des herbes médicinales du Mashkiki, c'est-à-dire les pratiques de guérison physique (bien que dans certaines autres nations amérindiennes ou même certaines tribus à l’intérieur des nations, les midew-wi-ninis ne pratiquaient que la guérison spirituelle par les rites, totalement à part des mashkiki-wi-ninis qui ne pratiquaient de leur côté que la guérison physique par les plantes).

Pendant ce temps, les médecins européens, ici ou en France, pratiquaient la saignée à tout va sur des malades, que les prêtres les arrosaient d’eau bénite en chantant psaumes et prières… les deux traitant de sorcières les guérisseuses de villages qui utilisaient des herbes médicinales !

Quant aux missionnaires, qui étaient chargé d’éduquer les "sauvages", ils écrivaient :

- les médecins sauvages sont des sorciers, jongleurs, menteurs, tricheurs, et toutes leurs scènes consistent en la connaissance de quelques simples laxatifs ou astringents en application chaude ou froide, le reste n'est que chance, fumisteries et impostures (père jésuite Pierre Biard).

- les sauvages font des incantations païennes en clamant que les herbes médicales sont bonnes et les missionnaires des ignorants (père jésuite Julien Binneteau).

- quelquefois leur chaman ordonne au malade de quitter le village et de camper en forêt où il peut aller pratiquer ses diableries sur lui sans que personne ne le voie (frère jésuite Gabriel Sagard Théodat).

En lisant ce dernier, je souris, parce que j’en déduis que les Indiens avaient découvert la quarantaine bien avant que les blancs ne comprennent son importance pour empêcher une épidémie !

La médecine traditionnelle des amérindiens était pourtant adaptée aux différents environnements physiques et climatiques dans lesquels ils vivaient, et suffisamment efficace pour en faire des gens en bonne santé, comme le mentionnaient Cartier et Champlain.  

Mais soyons réalistes : les autochtones ne vénéraient pas le bon dieu des chrétiens, c’était donc des sauvages incapables d'avoir assez d'intelligence pour avoir efficacement recours aux remèdes bénéfiques pour des malades !

On se rappellera d’ailleurs que, au 17e siècle, l'Église catholique se demandait encore si les dits "sauvages" avaient une âme et pouvaient être considérés comme des véritables humains...

Bref…. passons !

Donc, notre midew, Parle avec le vent, accompagnée de sa fille Lumière du matin, et de sa petite-fille Pluie de printemps, se rend chez quelqu’un qui l’a fait appeler.

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Et pas pour n’importe quoi : pour une naissance :-)

Lorsqu'elles arrivent à destination et descendent de cheval, on voit que Parle avec le vent porte un gros sac à sa ceinture. Il s’agit d’un medicine bag, c'est-à-dire en français : un sac médecine.

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Là encore, je vais ouvrir une parenthèse. Encore ! va-t-elle donc en finir un jour, allez-vous dire !

C'est que le mot medicine est un concept, il représente quelque chose de mystérieux, qui dépasse le pouvoir humain ; par exemple, le whisky était appelé eau de médecine pour l'effet qu'il produit et qui fait faire aux hommes des choses mystérieuses qu'ils ne feraient jamais s'ils n'en consommaient pas.

En anglais, ça va, puisqu’on dit un Medicine Man, un Homme Médecine… mais en français le concept se perd, puisqu’on aurait tendance à penser à un médecin (genre médecin des plantes, médecin de l'esprit)… Mais non, ça n’est pas ça du tout ; par exemple, tous les grands amérindiens ont été considérés comme des medicine men (Sitting Bull, Joseph, Pontiac, Tecumseh, Geronimo, Cochise, etc) mais aucun de ceux-ci ne fut jamais médecin ! c’est juste que leurs pouvoirs étaient "mystérieusement" grands et leurs caractères "mystérieusement" exceptionnels.

Donc, Parle avec le Vent a son medicine bag qu’elle emporte toujours avec elle lorsqu’elle est appelée pour quelque chose.

Qu’y a-t-il dedans ?

Il y avait bien sur bien sur des herbes, ainsi que des instruments pour faire les décoctions ou préparer des onguents, des vessies animales séchées pour faire des lavements, et finalement un couteau d'obsidienne pour les incisions... mais aussi des morceaux de carapace de tortues, de corne de bison ou d'écorce d'arbre, un sifflet ou une flute, un masque, des plumes, ailes, queues et pattes d’oiseaux, des griffes d'animaux, crocs de serpents, etc, chaque midew ayant ses propres reliques chargées pour lui, ou elle, d’une force spirituelle pour diverses raisons qui lui sont propres.

Il ne faut pas se moquer de tout ce qui pouvait remplir ces sacs medecine : les reliques ont toujours fait partie des rituels de guérison, même chez les chrétiens : les ossements de saints, la couronne d’épine, le saint suaire, ne sont-ils pas des reliques auxquelles on demande de l’aide ? Hippocrate lui-même y avait recours dans la Grèce antique, et pourtant on connaît son sens aigu de la science avant tout.

Il faut donc conclure qu'on ne doit jamais rire du fétichisme des autres cultures, puisqu'il est facile de le retrouver un peu partout dans notre propre histoire.

La prochaine fois, je vous parlerai des rites et soins qui entouraient le grand mystère de la naissance, que Parle avec le vent va pratiquer, avec l'aide de sa fille et de sa petite fille…

Bon lundi :-)

♥♥♥

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18 février 2020

La cérémonie de purification

Soleil d'automne est allé voir sa grand-mère, Parle avec le vent, afin qu'elle pratique sur lui une cérémonie de purification avant qu'il ne parte pour un long périple de chasse sur le peu de terres ancestrales qui reste à la tribu, celles qui leur ont été accordée suite à un traité qui les a enfermés dans un territoire appelé "réserve".

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La cérémonie de purification par la fumée est une cérémonie pratiquée par différentes tribu amérindiennes au Canada, aux USA, mais aussi dans d’autres régions du monde.

Malgré la répression de telles traditions à l’époque de la colonisation, la cérémonie de fumigation a surévcu jusqu’à nos jours.

Cette cérémonie se dit smudging en anglais ; elle se dit également atisamânihk en langue crie  et nookwez en langue ojibwe (langue algonquienne), c'est à dire dans les principales langues amérindiennes de l'est canadien.

Bien que les différentes nations autochtones aient leur propre version culturellement spécifique des traditions de purification, on retrouve un processus commun d’une nation à l’autre : les cérémonies de purification sont habituellement dirigées par un aîné ou un chef spirituel, mais pas toujours ; toute personne jugée "plus bénie" que soi peut pratiquer cette cérémonie sur celui qui la lui demande.

Elle consiste en une incantation (prière) accompagnée du brûlage de 1, 2 ou 3 des 4 plantes sacrées : la sauge blanche, le foin d’odeur, le cèdre (la quatrième étant le tabac, mais celui-ci est réservé aux offrandes pour des cas spéciaux) dans  une coquille d'ormeau (abalone) et une plume (autrefois des plumes d'aigle avant qu'il ne devienne interdit de les chasser).

herbe et coquille

L'officiant place une petite quantité d'un ou des herbes au centre de la coquille, et les allume (idéalement avec un tison, sinon avec une allumette de bois, jamais avec un briquet). Idéalement, de sauge, de foin d'odeur et de cèdre, fin d'équilibrer les polarités féminines et masculines (voir l'explication plus bas). Plus rarement, dans certains cas particuliers, on ajoutera la quatrième herbe sacrée : le tabac (pur, pas celui du buraliste du coin !).

Une fois bien enflammées (ce qui n'est pas toujours facile, je vous le confirme), les herbes contenues dans la coquille forment vite des braises qui produisent une fumée que l'officiant dirige, au moyen d'une plume, successivement sur le haut du visage (représentant les pensées), puis la bouche (représentant les paroles), puis les quatre côtés du corps (représentations les actes) de la personne purifiée (en commençant par le devant, face au coeur, et en tournant vers sa gauche, puis derrière, puis sa droite), puis à nouveau sur le visage. La personne purifiée doit ensuite orienter elle-même la fumée, avec ses mains,  vers son visage puis son coeur.
Les cendres qui restent au fond de la coquille ne doivent pas être jetées comme des déchets, mais enterrées en terre, à l’extérieur, symbolisant l’élimination de toute l'énergie négative .

- La sauge blanche (salvia apiana) est le plus masculin des encens amérindiens. Il représente l'état physique sur la roue de médecine. (Il est à noter que la sauge blanche  a de réelles propriétés anti-bactériennes très puissantes ; on connait les propriétés de la sauge médicinale traditionnelle, mais avec la sauge blanche, c’est puissance 10 ! (voir l'article ici : https://www.altheaprovence.com/sauge-blanche-salvia-apiana/ )
- Le foin d’odeur, ou herbe aux bisons (hierechloe odorata)  est la plus féminine des herbes sacrées ; elle est souvent appelé les cheveux de la Terre-Mère. Il représente l'état émotionnel.
- Le cèdre canadien, ou arbre de la paix (thuya occidentalis), comporte un parfait équilibre des polarité masculines et féminines. Il représente l'état mental.
Dans certains cas, on ajoutera du tabac pur. Il représente l'état spirituel sur la roue de médecine.
(NB : je vous parlerai un peu plus de la roue de médecine dans un futur message).

Je vous rappelle que mon mari est métis algonquin, je ne récupère pas ces informations sur un site de vente pour amateurs de traditions amérindiennes.

Si vous préférez voir ces photos "à l'ancienne" (après tout, la scène est sensée se dérouler en 1870), je vous les montre également en version sépia.

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Actuellement se déroule ici, au Canada, un nouveau bras de fer entre le gouvernement et des tribus amérindiennes.

Les chefs de bande élus de ces tribus ont accepté (moyennant finances) le passage sur les terres ancestrales de l'immonde oleoduc TransCanada qui doit apporter dans l'est du Canada l'encore plus immonde pétrôle de l'Alberta (le pétrole le plus polluant au monde pour son extraction, voir ici : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1059956/petrole-sables-bitumineux-albertains-polluants-monde-classement  ; il produit 24 % de gaz à effet de serre de plus que la moyenne du pétrole raffiné aux États-Unis).

Mais les chefs traditionnels, appelés chefs héréditaires s'y opposent, et bloquent les voies ferrées depuis  2 semaines.

La différence entre les deux, c'est que les chefs de bande sont élus au suffrage universel ( https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/DORS-90-46/page-1.html ), alors que les chefs traditionnels affirment depuis toujours qu’ils sont les détenteurs des titres et des droits ancestraux, et que c’est à eux que revient le droit de négocier des ententes qui touchent les terres ancestrales.

Inutile de dire que je suis d'accord avec ces derniers.... n'en déplaise aux conservateurs  (heureusement pas au pouvoir actuellement) qui demandent au gouvernement d'employer la force pour les déloger, et aux québécois qui hurlent car les trains n'arrivent pas...  peut être voudraient-il qu'on leur envoie des couvertures contaminées à la variole, ça a déjà été fait après tout...

Bon mercredi :-)

♥♥♥

 

16 février 2020

Les temps changent, mais...

Voici plusieurs jours que je ne reçois plus d'avis de commentaires, ni d'avis de publication des blogs des copines... nouveau bug de Canalblog, mais on leur pardonne parce que ça reste malgré tout le meilleur hébergeur gratuit. 

J'ai fait un petit montage vidéo avec un effet un peu spécial sur des photos prises hier après-midi.

Je vous conseille d'ouvrir le son pour entendre la superbe voix de Ceshia Anaquod chanter une berceuse traditionnelle.

Les temps changent

Si vous voulez entendre plus de chants de Ceshia, vous le pouvez en cliquant sur cette image : ScreenShot03496

 Si vous ne pouviez pas voir la vidéo youtube, voici les photos présentées de manière classique.IMG_1455

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Si vous en avez l'occasion, vous pouvez visiter ce lien : https://www.faq-qnw.org/dossiers/  (femmes autochtones du Québec)

Bonne soirée :-)

♥♥♥


09 février 2020

Une veste et un manteau bien chauds

Pour protéger Naomie et son frère Waban contre la tempête de neige et blizzard que nous avons subi ces derniers jours, je leur ai cousu un manteau et veste bien chauds.

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Le patron, très bien fait et très simple, est ici :  https://www.pixiefaire.com/products/chilly-day-sherpa-coat-and-boots-18-doll-clothes

Seul hic : après avoir coupé et cousu ces manteaux, on aurait dit que j'avais tondu un mouton dans mon atelier de bricolage, et malgré le ménage et l'aspirateur, j'en retrouve encore dans la maison !

 

Notre tempête est enfin terminée ; c'était un vrai monstre, très rare, immense : elle partait du nord du Texas jusqu'à Terre-Neuve et a touché 150 millions de personnes sur sa route. Et touché sans délicatesse, exemple : le Colorado a reçu 50 cm de neige rien que dans l'après-midi de jeudi ! Ça s'est enfin terminé, avec de gros dégâts dans tout le pays (heureusement pas chez moi), et un nombre incalculables d'accidents et sorties de route, tant jeudi que vendredi.

Pour la France, avec la tempête qui souffle à votre tour dans le nord et nord-ouest, j'espère que vous aurez été épargnés si vous habitez dans les secteurs touchés.

 

Je vous souhaite un bon lundi :-)

♥♥♥

05 février 2020

Naomie et les droits bafoués des femmes amérindiennes

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Parmi ma petite cinquantaine de poupées American Girl, il y en a 3 qui sont mes favorites.

Tout d'abord, il y a Rose-Marie, que vous connaissez plus sous le nom de Rose.

Puis il y a Belle, ma "mini-moi"

Et pour finir, il y a Naomie-Nïbin Blackburn, une jeune fille de 18 ans, d'origine amérindienne, elle étudie le cursus du baccalauréat en droit à l'université de Sherbrooke (ICI). Très fière de ses origines, elle milite activement pour le droit des femmes autochtones (c'est ainsi qu'on appelle les amérindiens au Québec). Précision : Nïbin veut dire "c'est l'été", en algonquin.

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Alors, pour bien marque ses origines, je lui ai tricoté un pull aux motifs rappelant les dessins traditionnels amérindiens, et je lui ai fait un sac dans le même esprit.

Et je lui ai même mis mes plumes-bijoux préférées, celles en émail cloisonné !

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Vous connaissez déjà son frère, Louis-Waban Blackburn, le petit ami de Marianne la rousse, mes étudiants en environnement.

WABAN

 Mais vous connaissez aussi leurs ancêtres d'il y a 6 générations :

Parle avec le vent :

PARLE AVEC LE VENT

et sa fille, Lumière du matin :

Étoile du matin

 elle-même mère de Soleil d'automne et Pluie de printemps :

PLUIE DE PRINTEMPS

SOLEIL D'AUTOMNE

Ces 6 personnages sont tous des poupées American Girl du modèle Kaya, mais ils sont tous légèrement différents.

C'est vraiment ce que j'apprécie dans ces poupées, bien que considérées comme "fabriquées en grandes séries", elles ne se ressemblent pas de manière parfaitement identique. Et c'est pareil pour les autres modèles dont j'ai plusieurs versions, pas seulement pour mes Kaya.

Je lui ai fait faire une petite séance de photo en extérieur lors d'une sortie-courses à Sherbrooke :

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Pour en revenir à la raison de son militantisme, c'est le mépris envers les femmes autochtones qui est en cause au Canada.

Pour deux raisons.

La première, c'est que si un homme indien se marie avec une femme non indienne, leurs enfants auront la reconnaissance du statut d'indien par le gouvernement.... mais si une femme indienne se marie avec un homme non indien, elle pert son statut et ses enfants n'y ont pas droit !!!

https://ciddhu.uqam.ca/fichier/document/femmes-autochtones-au-canada_fr.pdf

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1147517/femmes-autochtones-statut-transmission-droits-descendance-loi-indien

La seconde, c'est que plus de 1000 femmes autochtones ont été victimes de meurtres ou on disparu, et ceci dans l'indifférence quasi totale du gourvernement encore :

https://www.ababord.org/Le-Canada-abandonne-les-femmes

Entre 1980 et 2012, selon les chiffres de la Gendarmerie royale du Canada, 1181 cas de meurtres et de disparitions d'Amérindiennes canadiennes ont été déclarés à la police. Proportionnellement, c'est comme si 55.000 Françaises avaient été assassinées ou s'étaient volatilisées, dans l'indifférence quasi générale.

Aujourd'hui, les femmes autochtones –c'est-à-dire les Premières Nations, les Métis et les Inuits– représentent 24% des victimes d'homicides alors qu'elles ne constituent que 4% de la population féminine du Canada. En clair, elles sont 12 fois plus susceptibles d'être assassinées ou portées disparues que toute autre femme au Canada, et 16 fois plus que les femmes blanches.

Une commission d'enquête nationale a mis plusieurs mois pour rendre finalement, le 3 juin 2019, un rapport d'enquête nationale consacrée aux femmes et aux filles autochtones disparues ou assassinées au Canada. 

Dès sa publication, le rapport, intitulé Réclamer notre pouvoir et notre place, a suscité une vague de polémiques. En cause, l'utilisation par le document du terme «génocide», martelé 122 fois aux côtés des mots «colonisation», «meurtre» et «viol». 

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, s'est alors montré frileux à l'idée de reprendre ce terme à son compte, préférant plutôt parler de «génocide culturel» !!

Catherine Flynn, professeure associée à l'Université du Québec à Rimouski qui a travaillé sur les violences faites aux femmes autochtones, le confirme: «Il est impossible d'en parler sans aborder le contexte colonialiste dans lequel les femmes ont vécu et continuent de vivre, notamment avec les écoles résidentielles.»

Les écoles résidentielles, ce sont les pensionnats autochtones, des écoles religieuses financées par l'État, créées pour assimiler les enfants autochtones dans la culture eurocanadienne (canadienne d'ascendance européenne). L'objectif affiché était clair, il s'agissait de «tuer l'Indien dans l'enfant».

https://www.cliquezjustice.ca/dossiers-speciaux/pensionnats-autochtones-150-ans-d-injustice-a-reparer

À partir des années 1830, environ 150.000 enfants ont été arrachés à l'âge de 3 ans à leurs familles pour être éduqués selon les dogmes chrétiens. Il leur était interdit de parler leur langue, on les lavait même à l'eau de Javel pour blanchir leur peau. Les sévices et agressions sexuelles étaient courantes et plus de 4.000 enfants y sont morts.

Ces pensionnats ne sont pas de l'histoire ancienne: le dernier a fermé ses portes en 1996. Si les gouvernements successifs ont présenté leurs excuses, les conséquences dévastatrices de ces écoles se font toujours sentir chez les survivants et leurs descendants.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/723529/pensionnats-autochtones-genocide-culturel-selon-commission-verite-reconciliation

«Dépassés par cet héritage, nombre d'entre eux ont succombé au désespoir et à la dépression. De nombreuses vies ont été perdues dans l'abus d'alcool et de drogues», lit-on dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation de 2015.  Ces traumatismes peuvent expliquer que des autochtones en arrivent à reproduire les violences qu'ils ont subies.

Certains Canadiens sont d'ailleurs tentés de rejeter la responsabilité des violences infligées aux femmes autochtones sur les hommes de leur communauté et leurs comportements à risque. Or, selon l'Institut national de la santé publique, ces comportements «sont plutôt le reflet de bouleversements identitaires engendrés notamment par les pensionnats ».

Ils sont aussi la conséquence «de la détresse occasionnée par les conditions de vie défavorables: pauvreté, surpeuplement des logements, faible accès à l'emploi et à l'éducation, etc dans les réserves ».

Pour échapper à cette violence, les jeunes femmes quittent leur communauté et se retrouvent dans les villes où certaines sont exploitées sexuellement ou deviennent sans-abri. C'est alors un autre type de violence, extérieure à leur communauté cette fois, qui s'abat sur elles.

Les femmes autochtones se situent donc à la croisée de plusieurs discriminations : elles sont violentées car :

1) elles sont des femmes,

2) elles ne sont pas blanches

3) elles sont pauvres.

Et personne ne fait rien, ou presque. c'est comme si l'État accordait moins de valeur à la vie de ces femmes.

Je pense que vous me sentez un peu énervée là ! non seulement en temps qu'épouse d'un métis, mais aussi parce que j'ai participé à faire circuler des pétitions et réclamations pour le droit des femmes autochtones pendant des années, et la révolte que je sentais en moi à l'époque se regonfle à chaque fois que je pense à ça.

Voilà pourquoi la jolie Naomie milite.... 

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Bon mercredi :-)

♥♥♥

29 janvier 2020

Petite neige sème la panique

Lueur lointaine est une jeune fille de 17 ou 18 ans, avec une déficience mentale.

Elle avait environ un an quand elle a été rapportée lors d'une attaque de représailles menée contre une tribu voisine qui en avait fait autant quelques semaines plus tôt.

À cette époque, Lumière du matin pensait qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant, alors elle l'a adoptée.

Quand la jeune femme s'est rendue compte du problème de l'enfant, elle lui a donné ce nom, Lueur lointaine, car cela évoquait le regard de la petite, qui semble toujours errer, même quand elle écoute ce qu'on lui dit. 

Malgré tout, Lumière du matin a eu trois enfants ensuite : Soleil d'automne, 16 ans, puis Pluie de printemps, 15 ans, et enfin Petite neige, 8 ans.

Lueur lointaine et Petite neige s'entendent bien. C'est même surprenant de voir qu'elles semblent se comprendre, comme si le petite savait atteindre l'esprit de la jeune fille mieux qu'aucun des autres membres de la tribu. Alors quand on cherche l'une, on trouve généralement l'autre avec elle.

Et aujourd'hui.... les deux avaient disparu.

Il faisait un froid mordant, et le jour commençait à décliner. Alors Lumière du matin est allée voir sa mère, Parle avec le vent, persuadée qu'elles étaient avec elle au chaud sous le tipi de l'aïeule, car elle sait que les deux filles aiment aller l'écouter raconter des légendes, même si il est probable que Lueur lointaine ne comprend pas grand chose aux histoires qu'elle écoute pourtant sagement.

Mais non, elles n'y étaient pas.

Lumière du matin a commencé à vraiment s'inquiéter car le froid allait bientôt s'intensifier avec la tombée du soir.

Elle est allée chercher Soleil d'automne et Pluie de printemps, et accompagnés de Parle avec le vent, ils se sont mis à les chercher en formant des cercles de plus en plus grand autour du camp, en les appelant à tue-tête.

Au bout d'un moment, ils se sont vraiment inquiétés : car bien que les attaques inter-tribales aient cessé depuis l'installation du village des blancs à proximité, cela pourrait malgré tout arriver à nouveau. Auraient-elles été enlevées ?

Ils continuent à chercher, et à appeler. Lumière du matin est de plus en plus anxieuse, elle court, ses longs cheveux flottant derrière elle au rythme auquel bat son coeur de mère inquiète.

Tout à coup, Pluie de printemps s'écrie : "les voilà" !

En effet, Lueur lointaine et Petite neige arrivent tranquillement, sans avoir la moindre idée que grand-mère, mère, frère et soeur aient pu s'inquiéter pour elles ! 

- Mais où étiez-vous passées ? demande Lumière du matin.

- Réalisez-vous que vous nous avez tous inquiétés ? ajoute Parle avec le vent.

Petite neige les regarde d'un air étonné et dit :

- Mais nous étions juste allées dans la forêt pour essayer d'apercevoir le gros hibou qu'on entend hululer la nuit !

Parle avec le vent a l'air très sérieuse et lui dit :

- Ne pas avertir et dire où vous alliez n'est pas respectueux. Tu as fait passer votre plaisir avant notre inquiétude, ce n'est pas bien.

La fillette se rappellera de cette leçon, car dans les communautés amérindiennes, le respect des aînés et des autres membres de la tribu passe avant tout.

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Petite neige, la jeune soeur de Soleil d'automne et Pluie de printemps, est le dernier ajout à mon groupe amérindien.

Elle est également de la marque American Girl, mais c'est Ashlyn de la série Wellie Wishers (voir ICI),  des poupées de 36,8 cm (14,5 ") qui sont prévues pour être les petites soeurs des grandes 46 cm (18 "). Elles ont le gabarit des Chérie de Corolle.

Je lui ai retiré sa perruque originale pour lui mettre un perruque à deux nattes (après une légère adaptation à la taille de sa tête). Il me reste à reprendre sa robe que je trouve trop longue pour elle.

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Après cette escapade dans la neige, je pense que la fillette sera plus raisonnable la prochaine fois..... mais.......... à suivre !

Bon jeudi :-)

♥♥♥

 

18 janvier 2020

Étoile-du-matin est inquiète

Comme je vous l'avais expliqué ici l'an dernier, selon le calendrier des cycles de la lune des anciens Amérindiens du nord-est, nous sommes dans "la Saison du Grand Sommeil", celle de la haute neige et des grands froids.

La lune de janvier était appelée "le mois le plus long", et celle de février était appelée "le mois où les pierres se fendent".

Nous sommes le 18 janvier 1870 ; ce soir, il va faire très très très froid. 

Voici 3 générations réunies : Parle-avec-le-vent, la grand-mère (64 ans), Étoile-du-matin, la mère (30 ans), et ses deux aînés : Pluie-de-printemps (15 ans), et Soleil-d'automne (16 ans).

Parle-avec-le-vent, la medev (femme médecine, c'est à dire à la fois guérisseuse et guide spirituel) du village, vit seule sous son propre tipi, car elle a souvent besoin de solitude et de recueillement, et aussi d'y conserver les choses sacrées qu'elle utilise dans les rituels.

Mais Étoile-du-matin, sa fille, est inquiète de la savoir seule ce soir, car il va geler et venter très fort.

Alors, accompagnée de ses deux enfants, Pluie-de-printemps et Soleil-d'automne, elle est allée voir Parle-avec-le-vent, pour tenter de la convaincre de venir passer la nuit sous le grand tipi familial.

Pensez-vous que Parle-avec-le-vent va aller avec eux ?
Que va-t-elle répondre ?

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Bon dimanche :-)

♥♥♥

14 janvier 2020

Parle avec le vent raconte la légende de la queue du Lapin

Cette fin d'après-midi, Pluie de printemps et sa grand-mère Parle avec le vent revenaient de soigner un malade dans un tipi du village.

Pluie de printemps a beau avoir 15 ans, elle aime toujours autant quand sa grand-mère lui raconte les légendes traditionnelles qu'elle lui contait dans son enfance (c'est ainsi que les aînés éduquaient les enfants amérindiens : au travers des légendes des animaux).

Et pour oublier leur longue marche dans le froid, elle demande à Parle avec le vent de lui raconter encore une fois pourquoi les lapins ont la queue si courte.

Glissons-nous derrière elles, et écoutons les discrètement...

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Parle avec le vent sourit, et commence à raconter :

À l'époque où le monde était jeune, Lapin avait une très longue queue touffue. En fait, sa queue était plus longue et plus touffue que la queue de Renard. 

Lapin était très fier de sa queue et il racontait constamment à tous les autres animaux à quel point sa queue était belle.

Un jour, Renard est devenu si fatigué d'entendre Lapin se vanter de sa queue qu'il a décidé de mettre un terme à la vantardise de Lapin une fois pour toutes.

Il attendit que le temps devienne si froid que les eaux du lac et des rivières gèlent. 

Alors, Renard descendit au lac avec quatre superbes gros poissons. Arrivé au lac, il fit un trou dans la glace, attacha les quatre poissons à sa queue, puis s'assit et attendit que Lapin vienne.

Lorsque Renard le vit arriver, il a laissa rapidement tomber sa queue dans l'eau froide.

Lapin sauta en quelques bonds légers jusqu'à Renard et lui demanda : "Qu'est-ce que tu fais ?"

"Je pêche, Lapin", répondit Renard.

"Avec ta queue ?" s’exclaffa Lapin !

"Oh oui, c'est la meilleure façon d'attraper le plus de poisson", dit Renard d’un air de confidence.

Perplexe, Lapin dit: "Depuis combien de temps pêches-tu ?"

Renard mentit et dit: "Oh, seulement une quinzaine de minutes."

"Ah ! et as-tu déjà attrapé du poisson ?" demanda Lapin d’un ton de doute.

Renard releva sa queue et montra les quatre gros poissons accrochés dessus.

"Wow ! et que comptes-tu faire avec ce poisson ?" s’enquit Lapin.

Renard expliqua : "Eh bien, je pense que je vais venir pêcher de temps en temps pendant environ une semaine. Ensuite, je vais emmener tous ces poissons au village voisin et les échanger contre un beau peigne à queue. Il n’en reste plus qu’un seul chez celui qui sait les faire, et je le veux vraiment pour peigner ma superbe queue".

Lapin pensa : "Si je pêchais toute la nuit entière, je parie que j'aurais assez de poisson demain matin pour faire du commerce au village avant Renard. Ensuite, je pourrais avoir moi-même ce peigne de queue. J’en ai plus besoin que lui parce que ma queue est bien plus belle et touffue que la sienne !"

Renard se leva : "Il se fait tard et j'ai froid. Je pense que je reviendrai peut-être pêcher un peu plus demain matin. A bientôt, Lapin." 

Et Renard partit.

Dès qu’il fut hors de vue, Lapin laissa tomber sa queue dans l'eau glacée du lac. 

Brrrrr, c’était froid ! 

Mais Lapin se ressaisit et se dit : "Oh, non. Je veux ce peigne de queue plus que tout au monde, je dois supporter le froid pour pêcher plein de poissons." 

Il s’assit donc sur le trou, avec la queue plongée dans la glace et essaya de "pêcher" toute la nuit.

Le lendemain, juste après que le soleil se soit levé, Renard revint. 

Il dit: "Qu'est-ce que tu fais là, Lapin?" 

Lapin répondit en claquant des dents : "Je pppppêêêchhhhe, Rennnnaarrd."

 "As-tu attrapé du poisson?" s'enquit Renard. 

"Nnnnonn ! les ppppoissoooons ne vvvviennent ppppeut-être pppppas la nnnnnuit.’ répondit Lapin.

Il voulu se lever, mais il ne pouvait pas bouger. 

"Reeennnaaaard, tu pppeux m’aaaaider ?" demanda-t-il.

Renard, avec un grand sourire sur son visage, se mit derrière Lapin, et le poussa tellement énergiquement que Lapin sortit du trou et atterrit de l'autre côté du lac (c'était un tout petit lac).

Mais sa belle queue avait gelé, et elle avait cassé en restant coincée dans l'eau gelée.

Et c'est pourquoi à partir de ce jour, Lapin a eu désormais une queue très courte et que les hommes ne le chassent plus pour sa fourrure mais pour sa viande.

Ce fut sa punition pour avoir été orgueilleux et envieux.

Mais comme le Grand-Esprit est équitable, et que Renard avait malgré tout joué un très mauvais tour à Lapin, à partir de ce jour, les hommes remarquèrent la belle queue de Renard et se mirent à le chasser pour sa fourrure.

 

Bon mardi :-)

♥♥♥

 

Posté par Guyloup à 02:29 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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