Lune d'argent est heureuse : IMG_0258-1

 Elle aime aller dans la forêt en emportant dans son dos le plus précieux des fardeaux : sa fille, Deux plumes blanches,

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...sous la surveillance de ses fidèles chiens qui savent éloigner les loups lorsque le hibou les alerte.

 Parfois, elle s'arrête pour se reposer un peu, et admirer son enfant.

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J'ai fabriqué ce berceau-porte bébé amérindien avec un tissu qui ne s'effiloche pas en coupant les franges, des lacets de suède et une bande de fausse fourrure.

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Cette manière de transporter les petits enfants dans des "cradle board" (littéralement, des planches berceaux) étaient commune à la plupart des tribus amérindiennes.

Les jeunes enfants étaient emmaillotés dans du tissu, puis étendus sur un épais coussin de matière végétale douce et souple (et de fourrure en hiver), et attachés en toute sécurité sur la planche. 

Le système d'attache était simple, mais efficace et sécuritaire, et surtout rapide à mettre  en place ou à retirer, notamment pour permettre le change rapide des linges de bébés.

Cette fixation empêchait le mouvement des bras et des jambes, ce qui imitait la sensation d'être tenu dans les bras. On pourrait penser que le bébés n'aimaient pas cela, et pourtant c'est tout le contraire : la sensation d'être maintenu est rassurante pour un bébé et lui apporte calme et sécurité.

Les bébés plus âgés avaient les mains libres afin qu'ils puissent jouer ou sucer un objet.

Devenus assez costauds pour ramper et marcher, ils étaient autorisés à jouer sur le sol pendant de courtes périodes, sous la supervision d'un parent ou d'un membre du clan familial (généralement les grands-parents, oncles et tantes). Ils retournaient ensuite dans leur berceau où ils étaient de nouveau attachés.

Les enfants passaient ainsi la majorité de leurs deux premières années de vie dans ces berceaux, d'où ils étaient enlevés seulement pendant de courtes périodes.

Ces berceaux remplissaient le rôle de porte-bébé, de lit et de "poussette", car il pouvait être transporté sur le dos de la mère, ou dans ses bras,  il pouvait être calé sur le sol de manière plus ou moins inclinée, comme une chaise bébé, ou encore attaché à un traîneau,  à un travois à chien, ou suspendu sur le côté d'un cheval, pour les longs trajets..

Avec ce principe, non seulement l'enfant étant en sécurité, mais les mères étaient libres d'effectuer les tâches quotidiennes, soit avec le berceau attaché sur le dos, soit appuyé contre un objet stable auprès d'elle. Cela permettait à l'enfant d'apprendre la patience, de se socialiser avec le groupe (car il découvrait toute la vie communautaire en observant autour de lui), et d'être facilement accessible s'il avait besoin d'être nourri ou changé.

Est-ce cette manière de faire qui a amené les premiers explorateurs et missionnaires à écrire, dans leurs carnets de voyages et courriers divers, qu'ils étaient surpris de voir que les bébés et jeunes enfants amérindiens ne pleuraient presque jamais ? peut être bien, car c'est une mode d'éducation très rassurant pour les enfants qui ne se sentaient jamais abandonnés, tout en étant strictement encadrés. 

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Passez un bon dimanche :-)

♥♥♥

PS : Une précision : je lis souvent le mot "papoose" utilisé pour parler d'un bébé amérindien, or le mot papoose est de l'algonquin (ou Anishinaabeg, la nation d'une partie de la famille de mon mari), une langue de la famille algique (algonquine), il ne s'applique donc qu'aux bébés des nations algonquiennes utiilisant les langues algiques, les Kitchesipirinis (que vous voyez en doré rayé ci-dessous). 

Du reste, lorsque que quelqu'un vous dira maintenant : "ça se dit comme ça en amérindien", je vous conseille de sourire gentiment, et de lui demander dans quelle langue de quelle nation ? .......... car, voici le nombre de langues amérindiennes parlées en Amérique du nord, 

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