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À cette époque de l'année, en dehors de quelques feuilles de bouleau qui tentent encore de s'accrocher, les décors seraient bien tristes sans la beauté majestueuse des mélèzes qui éclairent le paysage de leur jaune éclatant.

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Durant tout l'été, on ne les distingue pas des sapins, ils ont sensiblement la même forme et la même couleur... mais arrivé en octobre, le mélèze devient jaune et se distingue de ses autres frères résineux pour le plaisir de nos yeux.

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Toutefois, le mélèze a une particularité par rapport aux autres résineux : ses aiguilles sont souples et douces, et il les perd en fin d'automne lorsqu'elles atteignent l'apogée de leur chaude couleur.

Savez-vous pourquoi ?

Écoutons donc Charlotte qui, passant devant des mélèzes en rentrant de l'école, raconte justement à son ami Nicolas la légende contée par les indiens Algonquins sur ce sujet :

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L’automne était déjà bien avancé ; il commençait à faire froid. 

Un petit oiseau qui devait retourner dans des contrées plus chaudes se retrouva les ailes cassées.

Il ne pouvait plus voler et pour comble de malheur, la neige commençait à tomber.

En sautillant il entra dans une grande forêt pour demander refuge aux arbres, pour y passer l’hiver, se réchauffer et se soigner.

Chemin faisant, il rencontra un mélèze.

Il lui demanda : 

- S'il te plait, puise trouver refuge parmi tes branches afin de passer l’hiver, car j’ai les ailes cassées, je ne peux pas retourner chez moi et j’ai besoin de me soigner.

Le majestueux mélèze, très fier de son "ramage" automnal lui répondit en secouant ses branches délicatement étoilées de jaune :

- Je ne peux pas, tu risques de salir mes branches et mes jolies aiguilles, alors vas-t-en, je n’ai pas besoin de toi. 

Déçu, le petit oiseau s’en alla sautillant.

Il y avait de plus en plus de neige et il avait froid.

Il rencontra un bouleau, puis un tremble, et leur demanda si ils pouvaient l'héberger pour l'hiver, mais ceux-ci avaient entendu le mélèze, et fiers eux aussi de leur beau feuillage jaune d'automne répondirent non au petit blessé.

Le pauvre petit oiseau avait de plus en plus froid, et de plus en plus de mal à sautiller dans la neige qui s'épaississait, mais il continua son chemin.

Il rencontra alors un érable, puis un chêne, et leur demanda à leur tour si ils pouvaient l'héberger pour l'hiver, mais ceux-ci avaient entendu le mélèze, le bouleau et le tremble, et fiers eux aussi de leur beau feuillage orange d'automne flamboyant répondirent non au pauvre oiseau.

Le petit petit était désespéré.

S’il ne pouvait s’abriter et se réchauffer, il allait mourir de froid et de faim. Il avança péniblement encore un peu, et épuisé, se reposa au pied d’un grand arbre. C’était un sapin bien vert, dont les hautes branches se mêlaient au sommet avec les basses branches d'un grand pin, bien vert lui aussi.

Mais il ne leur demanda rien car les réponses des autres arbres de la forêt l’avaient découragé.

Il abandonnait la lutte, commençait à s’endormir en pensant qu’il n’allait pas se réveiller et qu’il allait rejoindre le Grand Manitou, quand il entendit deux voix qui l'interpelaient : 

- Que fais-tu là, petit oiseau, tu as l'air d'avoir besoin d'aide ?

- Qu'est-ce qui t'arrive, petit oiseau, es-tu blessé ?

C’était le sapin et le pin, inquiets de le voir si mal en point, qui s'adressaient à lui.

- Oh beau sapin, Oh grand pin, je voulais trouver refuge dans les branches d’un arbre de la forêt afin de passer l’hiver, car j’ai les ailes cassées, je ne peux pas retourner chez moi et j’ai besoin de me soigner, mais pas un arbre n’a voulu de moi, alors je crois que je vais mourir ici, si tu m'autorise à rester à ton pied, sapin. 

Le sapin lui répondit :

- Mais voyons, monte vite dans mes branches épaisses, abrite-toi et réchauffe-toi. Je vais te tenir protégé de la neige tout l'hiver, et soigner tes ailes avec ma sève, ainsi tu pourras attendre le printemps. 

Et le pin lui dit :

- Tu pourras aussi venir dans mes branches quand tu voudras profiter des rares rayons du soleil, ça fera du bien à tes ailes. Tu pourras profiter de notre aide durant toute la mauvaise saison.

Alors le petit oiseau grimpa du mieux qu’il put et se blottit au cœur du sapin, entouré de ses branches protectrices bien touffues.

Le sapin soigna ses ailes et l’hiver passa.

Il allait de mieux en mieux, ses ailes étaient guéries et il voletait du sapin au pin, et du pin au sapin, heureux de la protection de ses nouveaux amis.

Le printemps arriva et le petit oiseau entendit tout à coup le chant d'autres petits oiseaux de sa famille ; ils étaient revenus pour la migration d'été.

Alors il dit au sapin et au pin :

- Sapin, pin, je vous remercie de m’avoir abrité et soigné. Je vous aime beaucoup, mais l’heure est venue pour moi de partir retrouver ma famille. Je n'oublierai jamais votre générosité et j'espère que le Grand Manitou vous en récompensera.

Et il s’envola.

Le printemps, puis l'été passèrent. Et l’automne arriva.

Dans la forêt, comme toujours, le tremble et le bouleau perdirent leur belles feuilles jaunes, l'érable et le chêne perdirent leurs belles feuilles oranges.

Mais alors, il se passa une chose étrange qui n’était jamais arrivée : le mélèze se mit à perdre ses belles aiguilles jaunes ! une par une elles tombaient sur le sol... à son grand désespoir, il se dénudait petit à petit, comme un arbre ordinaire.

Mais le sapin et le pin, eux, restaient bien verts.

- Mais je suis un résineux, s'écria le mélèze en s'adressant au Grand Manitou. Qu'est-ce qui se passe ? je dois conserver mes belles aiguilles, pas les perdre comme un arbre ordinaire perd ses feuilles ! 

Alors, la voix du Grand Manitou se fit entendre :

- Mélèze, tu as été orgueilleux, égoïste, indifférent au malheur d'autrui, et tu as donné le mauvais exemple aux autres. Pour cela je te punis : désormais, tu seras le seul résineux à te dénuder durant tout l'hiver, et tu perdras chaque année à l'automne les belles aiguilles dont tu es si fier.

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Plus prosaïquement, Mélèze est un nom vernaculaire donné aux résineux (conifères) du genre Larix de la famille des pins (Pinacées). Douze espèces de Larix poussent dans l'hémisphère Nord, dont trois au Canada. 

Le mélèze peut devenir très grand, 20 à 45 mètres de hauteur selon la géographie de son emplacement de naissance.

Voici à quoi il ressemble en été, mêlé parmi ses frères sapins et aussi vert qu'eux :

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On dit du mélèze que c'est une espèce pionnière car il pousse là où la forêt n'existe pas encore : ses aiguilles, douces au toucher, poussent en faisceaux sur de très courtes ramilles, en tombant à terre à l'automne, elle se transforment en humus riche où graines et plantes vont pouvoir se développer. 

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- Alors, qu'as-tu tiré comme conclusion de la légende du mélèze ? demande Charlotte à Nicolas.

Après un instant de réflexion, Nicolas lui répond :

- Je pense que cela veut dire que nous devons partager avec les plus démunis quand ils ont besoin d'être aidés, même si d'autres disent qu'il ne faut pas les aider et les recevoir chez soi.

- C'est bien mon avis aussi, a conclu Charlotte.

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C'est bien le mien aussi, les enfants.

J'espère que cette légende du mélèze vous aura plu,

et que vous remarquerez désormais plus ce bel arbre, si majestueux, mais si sévèrement puni,

lorsque vous le verrez vert, identique à ses frères sapins durant l'été,

et si éclatant dans sa robe jaune à l'automne.

♥♥♥