19 juillet 2012 : Bataille autour d’un potager urbain au Québec

Plutôt qu'une simple pelouse, outre-atlantique, la mode est aujourd'hui aux potagers. Mais les municipalités, habituées aux vertes pelouses parsemées de nains de jardins, freinent parfois des quatre fers contre ces plans de tomates et autres légumes bio qui défigurent ses allées. Exemple...

Josée Landry et Michel Beauchamp, de Drummondville au Québec, avaient transformé leur pelouse en potager. Leurs petites cultures leur valent de se retrouver dans la ligne de mire de leur municipalité. Cette dernière leur reprochent en effet de n’avoir pas respecté les règles locales qui obligent les jardins de façade à être constitués d’au moins 30% de gazon. Un avis a été envoyé au couple leur donnant jusqu’à dimanche pour raser  30 % de leurs cultures.

De leur côté, les jardiniers en herbe ont expliqué qu’ils ne se laisseraient pas faire et contesteraient le règlement, déclarant que "Cultiver ses propres produits devraient être un droit. Cette illégalité est un non-sens". Une pétition a même été lancée sur Internet pour forcer les autorités municipales à revenir sur leur décision. Elle déjà été signée par 755 personnes. http://observers.france24.com/fr/content/20120719-bataille-autour-d%E2%80%99-potager-urbain-quebec

23 juillet 2012 : DRUMMONDVILLE – Michel Beauchamp et Josée Landry pourront continuer de cultiver leurs légumes d'ici la fin de l'été, sans qu'ils ne soient obligés de retirer la partie du potager qui empiète sur l'emprise de la Ville.

Un délai supplémentaire a été accordé au couple jusqu'au premier septembre, le temps que les élus municipaux de Drummondville puissent se rencontrer et discuter de la situation.

«Plusieurs élus municipaux sont actuellement en vacances et le Conseil souhaite se donner le temps de prendre connaissance de tous les documents déposés à la greffe par M. Beauchamp et Mme Landry la semaine dernière. Néanmoins, le règlement tient toujours», a précisé le responsable des communications de la Ville de Drummondville, Raynald Forcier.

Les propriétaires du potager auront donc jusqu'au 1er septembre pour se conformer au nouveau règlement d'urbanisme de Drummondville, soit près d'un mois de plus que prévu, leur permettant ainsi de récolter la majeure partie des légumes.

C'est en mars dernier que l'idée de créer un potager devant leur demeure de la rue Richelieu, située dans le secteur Saint-Charles à Drummondville, a germé dans la tête du couple Beauchamp-Landry. Or, puisque la cour arrière est déjà bien garnie d'une piscine, d'une grande terrasse, et qu'elle ne comporte presque pas d'ensoleillement, les deux jardiniers ont envisagé la cour avant.

Ils ont d'abord téléphoné à la Ville de Drummondville pour demander s'il était possible de mettre autre chose que du gazon sur l'emprise de leur terrain. Il ne semblait y avoir aucun problème, si ce n'est que la Ville ne se rendait pas responsable des bris causés aux plantes lors du déneigement hivernal.

Le potager, qui a nécessité un investissement frôlant les 3000 $, a donc été aménagé vers la mi-mai, sur toute la superficie gazonnée située devant la résidence. Environ un mois plus tard, le couple a reçu un avis écrit de la Ville leur signifiant qu'ils devaient retirer les plantes potagères de l'emprise de la rue et remettre 30 % de la superficie en gazon.

Ils ont reçu un deuxième avis le 18 juillet, dans lequel la Ville donnait un délai de cinq jours au couple pour se conformer au nouveau règlement d'urbanisme uniformisé, sans quoi il s'exposait à des amendes allant de 100 à 300 $ par jour.

Josée Landry et Michel Beauchamp, qui n'avaient pas l'intention de retirer les légumes de leur cour avant, ont préparé un dossier qui a été déposé à l'Hôtel de Ville la semaine dernière.

Ils comptent contester le nouveau règlement d'urbanisme de Drummondville auprès de la Commission municipale du Québec dans les prochains jours, afin que tous ceux qui souhaitent faire comme eux puissent le faire à l'avenir.

«Ce qu'on souhaite, ce n'est pas que la Ville recule, mais plutôt qu'elle fasse un pas en avant, vers l'écologie et le développement durable. Pourquoi faire venir des carottes biologiques de la Californie, quand on peut en avoir directement dans sa cour ?», a dénoncé Mme Landry.

Une pétition contenant près de 3000 noms circule actuellement sur Internet, en appui au couple de jardiniers.

Avec TVA Nouvelles : http://fr.canoe.ca/infos/regional/archives/2012/07/20120723-175141.html